Le barrage Bin El Ouidane affiche une mine radieuse en ce mois de mars 2026. Après une décennie de sécheresse sévère, la retenue d’eau située dans la province d’Azilal retrouve des niveaux qu’elle n’avait plus atteints depuis 2018.
Les zones autrefois arides et craquelées par le manque de précipitations sont aujourd’hui totalement submergées, transformant radicalement le paysage de la région. Ce retour de l’eau intervient alors que le site stagnait à un taux de remplissage critique de moins de 10% l’année dernière à la même période.
مياه سد بين الويدان تغمر مناطق ضربها الجفاف منذ عشر سنوات تقريبا
Cette remontée des réserves s’explique par les fortes pluies enregistrées récemment, mais surtout par l’importance des chutes de neige sur les sommets du Moyen Atlas. Les massifs de Bouguemez, Aït Mohamed, Tilouguite et Zaouiat Ahansal ont accumulé un manteau neigeux conséquent dont la fonte alimente désormais les affluents du barrage.
Sur la rive orientale, les localités d’Aït Halouane et d’Aït Mazigh voient les flots revenir à leur niveau initial. Même la célèbre île d’Aghenbou, haut lieu du tourisme local et de l’aventure, est de nouveau totalement encerclée par les eaux, retrouvant son cachet d’autrefois.
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Les chiffres publiés par le ministère de l’Équipement et de l’Eau détaillent cette progression. Le taux de remplissage de Bin El Ouidane atteint désormais 85,97%, soit un volume de 1 milliard et 44,96 millions de mètres cubes. Le contraste est frappant par rapport aux 9,85% enregistrés l’an passé. Rien qu’entre la mi-janvier et aujourd’hui, les apports hydriques ont bondi de 728 millions de mètres cubes supplémentaires.
Ce rétablissement change la donne pour l’économie régionale. Le secteur agricole, durement éprouvé par des années de restrictions sévères, retrouve des perspectives de croissance concrètes. Les activités touristiques liées au plan d’eau, essentielles pour l’emploi local, profitent également de cette nouvelle sécurité hydrique. À l’échelle nationale, la situation s’améliore aussi avec un volume global des barrages marocains qui grimpe à environ 12,4 milliards de mètres cubes. Cette phase de récupération redonne un souffle vital aux écosystèmes et aux plaines irriguées, marquant la fin d’un cycle de sécheresse particulièrement agressif.



















