Arrestation d’un parlementaire au cœur d’un réseau criminel

Arrestation.

Revue de presseOutre le député de l’Union constitutionnelle, le réseau comprend quatre avocats, un fonctionnaire de justice et des gérants de société. Tous aujourd’hui derrière les barreaux. Une revue de presse du quotidien Al Akhbar.

Le 20/10/2023 à 21h53

Le juge d’instruction près la Cour d’appel de Casablanca a décidé, jeudi, de poursuivre un parlementaire de l’Union constitutionnelle. Le député fait partie d’un réseau criminel formé d’avocats, de gérants de société et d’un auxiliaire de justice, fonctionnaire au tribunal de première instance de Casablanca.

Le juge a ordonné la mise sous mandat d’arrêt et l’internement des mis en cause, poursuivis en état de détention préventive à la prison civile de Casablanca-Ain Sbaâ, rapporte le quotidien Al Akhbar dans son numéro du week-end des 21 et 22 octobre.

Les 8 prévenus seront poursuivis pour les chefs d’accusation suivants: formation d’une bande criminelle, falsification, corruption, escroquerie, recel, destruction d’un document officiel et de son utilisation, participation à la destruction et à la dissimulation de documents publics et privés qui auraient facilité la recherche de crimes ou de délits, divulgation de preuves et délit de fraude.

Selon des sources judiciaires, les mis en cause ont été déférés devant le Parquet près la cour d’appel de Casablanca en liberté provisoire. A l’issue de leur interrogatoire, le procureur du Roi a décidé de les déférer, à son tour, devant le juge d’instruction près la même cour en requérant leur mise en détention préventive. Le juge d’instruction a répondu favorablement à la requête du ministère public et les huit prévenus se trouvent actuellement derrière les barreaux.

Parmi eux, un parlementaire de l’UC, Abdelaziz El Ouadgui, député de Larache, quatre avocats, dont deux inscrits au barreau de Tanger, un homme et une femme, ainsi que deux autres inscrits aux barreaux de Casablanca et de Rabat, un directeur de société à Tétouan et une gérante de société, ainsi qu’un fonctionnaire au tribunal de première instance de Aïn Sbâa à Casablanca.

L’arrestation des membres de ce réseau fait suite à une plainte déposée par l’Administration des Douanes pour falsification. Toute cette affaire est centrée sur un trafiquant de drogue de nationalité libyenne incarcéré au Maroc, purgeant une peine d’emprisonnement de dix ans. L’Administration des Douanes l’avait poursuivi pour non-paiement d’une amende. Après avoir purgé huit ans, il a été abordé par l’un des membres du réseau qui lui a fait croire qu’il pouvait le faire sortir de prison en faisant jouer ses connaissances et ses relais dans la justice afin de lui obtenir une libération provisoire. Les deux parties se sont entendues sur le prix à payer. Ensuite, le réseau s’est mis au travail. Les avocats et le fonctionnaire de justice se sont arrangés pour falsifier un jugement de relaxation. Les membres du réseau ont également falsifié une décharge de la Douane par laquelle elle renonce à la poursuite du détenu.

Par Amyne Amslal
Le 20/10/2023 à 21h53