Allo Docteur! (EP5) Maladies chroniques: comment adapter la prise de médicaments pendant le jeûne?

Le docteur Ahmed Benboujida. (K.Sabbar/Le360)

Le 27/02/2026 à 16h33

VidéoPrendre ses médicaments tout en observant le jeûne peut s’avérer délicat pour les personnes atteintes de maladies chroniques. À l’occasion de ce nouvel épisode d’«Allo Docteur!», le docteur Ahmed Benboujida livre des conseils pratiques pour adapter les horaires de traitement entre le ftour et le shour, notamment pour les patients diabétiques, hypertendus et ceux nécessitant un suivi médical régulier.

Observer le jeûne du Ramadan lorsqu’on souffre d’une maladie chronique nécessite une organisation rigoureuse, notamment en ce qui concerne la prise des médicaments. Diabète, hypertension artérielle, maladies rénales ou troubles digestifs… chaque pathologie impose des précautions spécifiques.

Dans cet épisode d’«Allo Docteur!», le docteur Ahmed Benboujida insiste sur un principe fondamental: le strict respect des recommandations du médecin traitant. «La première règle, explique-t-il, est de suivre les conseils de son médecin, car ils dépendent à la fois de la maladie et du type de traitement prescrit.»

Le rythme du Ramadan diffère totalement de celui des jours ordinaires. Les repas sont concentrés entre le ftour et le shour, ce qui oblige à réorganiser la prise des traitements.

Certains médicaments doivent être pris avant le repas. Dans ce cas, le patient devra les prendre juste avant la rupture du jeûne. D’autres traitements peuvent être pris après le dîner ou au moment du shour.

Pour les personnes souffrant d’hypertension artérielle, le spécialiste précise que certains médicaments se prennent une heure après le ftour. L’estomac ne doit être ni totalement vide, ni excessivement plein. D’autres traitements peuvent nécessiter d’être pris une à trois heures après la rupture du jeûne, selon leur mode d’action.

Les patients atteints de diabète, en particulier ceux sous antidiabétiques oraux, doivent faire preuve d’une vigilance accrue. L’ajustement des posologies et des horaires d’administration s’avère indispensable afin de prévenir les épisodes d’hypoglycémie ou les déséquilibres glycémiques. Toute adaptation du schéma thérapeutique doit impérativement être effectuée sous supervision médicale.

La même prudence s’impose aux personnes atteintes de pathologies rénales ou d’autres maladies chroniques: la prise en charge doit être individualisée, en tenant compte de la durée du jeûne, des contraintes physiologiques qu’il implique et de l’état clinique général du patient.

Troubles digestifs: attention aux changements alimentaires

Le changement brutal de régime alimentaire pendant le Ramadan peut favoriser certains troubles digestifs: brûlures d’estomac, reflux gastrique, douleurs gastriques ou problèmes liés au côlon.

Dans ces cas, certains médicaments doivent être pris avant le repas, d’autres après. Mais le traitement doit toujours s’accompagner d’un régime alimentaire adapté: éviter les excès au moment du ftour, limiter les aliments gras ou épicés et fractionner les prises alimentaires si nécessaire.

Le message d’Ahmed Benboujida est clair: il ne faut jamais improviser avec son traitement pendant le Ramadan. Chaque patient est un cas particulier. L’ajustement des horaires et des doses doit se faire en concertation avec un professionnel de santé afin de jeûner en toute sécurité, sans mettre sa santé en danger.

Par Hafida Ouajmane et Khadija Sabbar
Le 27/02/2026 à 16h33