C’est l’erreur «fatale» que tout le monde commet par gourmandise: s’attaquer à la table du Ftour comme si c’était le dernier repas, forçant ainsi l’estomac à passer d’un repos total à une activité intense sans transition. Comme l’explique le docteur Karim Ouali, «les problèmes du système digestif sont fréquents pendant le mois de Ramadan, mais le dérèglement vient uniquement de notre manière de rompre le jeûne», car l’apport massif et simultané de nourriture paralyse automatiquement le processus normal de digestion.
Pour ménager son organisme, l’expert préconise donc de ne pas agresser une muqueuse gastrique restée inactive pendant plus de 15 heures. «Il est impossible qu’un estomac ayant jeûné toute la journée reçoive en une seule prise une quantité aussi phénoménale», prévient-il.
L’idéal reste de scinder le repas en deux temps, en commençant par hydrater l’organisme avec de l’eau et quelques dattes, accompagnées d’une soupe de légumes ou d’une Harira revisitée. «Aujourd’hui, on peut la lier avec de la pomme de terre, de la carotte ou de l’avoine plutôt que de la farine blanche», souligne le docteur, conseillant également de bien faire tremper les légumineuses à l’avance pour neutraliser les flatulences.
Après cette mise en bouche, une pause d’une trentaine de minutes permet à l’estomac de se préparer au plat complet. C’est ici que le choix du mode de cuisson devient crucial, les fritures étant les principales coupables des indigestions. L’expert rappelle d’ailleurs une réalité biologique frappante: «Les aliments frits demandent six heures pour être digérés. Un œuf frit nécessite six heures, alors qu’un œuf bouilli n’en prend que deux». En privilégiant les graisses saturées, on empêche le système digestif de se mettre au repos. «Vers 22h30, l’intestin baisse le rideau. Tout ce qui reste à l’intérieur finit par fermenter», explique-t-il.
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Autre erreur fréquente: le mélange des genres, notamment la consommation de fruits ou de jus au cours du repas. Naturellement acides et très rapides à digérer, les fruits ne nécessitent qu’une quinzaine de minutes d’assimilation. Mais associés à des protéines ou à des féculents, dont la digestion est plus lente, ils peuvent rester plus longtemps dans l’estomac. «Les fruits demandent à peine quinze minutes pour être digérés. Mélangés à de la viande ou du poisson, ils finissent par fermenter, comme une pâte à laquelle on ajouterait de l’eau», illustre le spécialiste.
Pour profiter de leurs bienfaits sans les brûlures, il est impératif de les consommer seuls, idéalement après les Tarawih. En misant sur des cuissons légères comme le tajine ou les grillades, le jeûneur garantit à son corps un sommeil réparateur et un réveil sans aigreurs.








