Pour les personnes atteintes de diabète, le jeûne du Ramadan ne peut être envisagé sans précautions préalables. La première démarche consiste à consulter un professionnel de santé, insiste le Dr Karim Ouali, spécialiste en micronutrition et en médecine intégrative.
«La première chose que doivent faire les patients diabétiques est de consulter leur médecin. Il existe en effet certains niveaux de glycémie pour lesquels le jeûne est formellement déconseillé», rappelle-t-il.
Au-delà de cette évaluation médicale, l’organisation des repas constitue un élément clé pour maintenir l’équilibre du taux de sucre dans le sang. «Que ce soit pendant le Ramadan ou en dehors, la personne diabétique doit respecter ses repas. Sauter un repas perturbe complètement l’équilibre de la glycémie», explique le médecin.
Pendant le mois sacré, il recommande donc de structurer l’alimentation autour de trois temps: un repas complet au moment de la rupture du jeûne (ftour), une petite collation dans la soirée et le repas du shour avant l’aube.
Le choix des aliments est également déterminant. Selon Karim Ouali, les personnes diabétiques doivent privilégier les glucides à absorption lente. «Il faut consommer des sucres dont l’indice glycémique est bas, qui n’entraînent pas une hausse rapide du sucre dans le sang», précise-t-il.
À l’inverse, certains aliments riches en sucres rapides doivent être consommés avec modération. C’est notamment le cas de certaines spécialités traditionnelles très présentes sur les tables du Ramadan.
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«Il faut faire attention aux aliments comme le msemen ou le baghrir. Cela ne veut pas dire qu’ils sont interdits, mais il vaut mieux les préparer avec de la farine complète et en manger des quantités raisonnables», souligne le médecin.
Pour maintenir une glycémie stable, il recommande également d’intégrer des glucides complexes dans chaque repas. «On peut par exemple privilégier la patate douce, le quinoa, le riz basmati ou encore le pain complet. Ces aliments apportent de l’énergie tout en libérant le sucre progressivement dans le sang», explique-t-il.
Enfin, le traitement médicamenteux doit être adapté au rythme du jeûne. «En général, les médicaments sont pris au moment du ftour et du shour, ce qui laisse environ douze heures entre les deux prises», indique le Dr Ouali.








