En l’espace de quelques jours, les pluies abondantes ont complètement bouleversé la situation hydrique du barrage d’Al Wahda, le plus grand du pays, situé sur l’Ouergha, dans la province de Ouezzane. Après une période inquiétante, le niveau du barrage affiche désormais des signes rassurants, atteignant 80,57% de remplissage, soit une hausse de près de 18 points.
Les fortes précipitations enregistrées ces deux derniers jours, totalisant plus de 295 millimètres, ont permis au barrage de recevoir un volume d’eau important, supérieur à 600 millions de mètres cubes (m³). Le réservoir du barrage dépasse désormais 2,837 milliards de m³.
Cette amélioration revêt une importance stratégique particulière, étant donné le rôle central d’Al Wahda dans le système hydraulique national, tant pour sa capacité de stockage que pour sa fonction de régulation des crues. Il contribue également à l’irrigation agricole, à la production énergétique et à l’alimentation en eau potable des populations.
Cependant, cette évolution positive s’accompagne d’un véritable défi, notamment avec les prévisions annonçant la poursuite des pluies au cours des dix prochains jours. Certaines régions du royaume pourraient recevoir jusqu’à 800 millimètres de précipitations cumulées, renforçant la vigilance concernant la sécurité publique.
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Dans ce contexte, Mostafa Tantawi, responsable du barrage, a déclaré que «l’augmentation rapide du niveau du réservoir, bien qu’elle soit un signe encourageant après plusieurs années de sécheresse, impose une gestion précise et équilibrée de l’eau», en particulier face aux changements climatiques marqués par des alternances extrêmes entre sécheresse et pluies intenses.
Il a précisé que des opérations de vidange préventive, programmées ce jeudi à raison de 250 m³ par seconde, font partie des procédures techniques habituelles pour éviter toute surcharge sur les infrastructures et garantir leur sécurité structurelle. Ces opérations sont supervisées sur le terrain et coordonnées en permanence avec les autorités locales et la protection civile.
Selon lui, ces débits ne présentent aucun risque de crue, mais «constituent une mesure préventive pour protéger l’ouvrage hydraulique tout en optimisant la gestion des apports d’eau». Les eaux évacuées seront dirigées vers le bassin de Sebou via l’Oued Ouargla, dans le cadre d’une gestion intégrée des ressources hydriques. Le bassin de Sebou affiche actuellement un taux de remplissage de 72,86%, grâce à l’augmentation du niveau de plusieurs barrages qui le composent, avec un volume total de plus de 4 milliards de m³.
Certaines retenues ont même atteint des niveaux exceptionnels: le barrage de Bab Louta dépasse 104% de sa capacité normale, celui de Bouhouda est à 100% et le barrage Allal El Fassi approche de son remplissage maximal avec 94%.
Selon Mostafa Tantawa, si ces indicateurs marquent une inflexion positive après plusieurs années de stress hydrique sévère, ils imposent néanmoins une vigilance constante et une gouvernance proactive. L’objectif reste double: assurer l’intégrité des infrastructures hydrauliques et garantir une protection optimale des populations riveraines en aval.








