Agadir: des praticiens suspendus, plongés dans l’incertitude

Entrée principale de l'hôpital Hassan II d'Agadir.

Revue de presseDepuis plusieurs semaines, des médecins, infirmiers et sages-femmes du Centre Hospitalier Régional Hassan II d’Agadir restent empêchés de reprendre leurs fonctions, malgré la signature de leurs procès-verbaux de reprise. Cette suspension conservatoire, en attente d’une décision ministérielle, perturbe gravement le fonctionnement de certains services vitaux, et entraîne inquiétudes et tensions dans l’établissement. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 03/03/2026 à 18h51

Le sort des professionnels de santé suspendus à titre conservatoire au Centre Hospitalier Régional Hassan II d’Agadir reste enveloppé de mystère, plusieurs mois après leur mise à l’arrêt. Dans son édition du mercredi 4 mars, le quotidien Al Akhbar relaie le fait que la situation s’est complexifiée lorsque ces mêmes professionnels ont signé, il y a quelques semaines, des procès-verbaux de reprise de travail auprès de la délégation provinciale de la Santé et de la Protection sociale d’Agadir. Malgré cela, ils ne se sont pas vu autoriser à reprendre leurs fonctions au sein des services hospitaliers du centre. Interrogés sur les raisons de ce maintien du blocage, ils ont été informés que l’administration attendait une décision ministérielle pour leur permettre de réintégrer leurs postes.

Le bureau local de l’Union nationale du secteur de la santé au Centre Hospitalier Hassan II a qualifié cette interdiction de «non justifiée et illégale», estimant qu’elle constitue un abus administratif manifeste, accentue les tensions au sein de l’établissement et met en péril la sécurité des patients, en particulier au service de réanimation qui ne compte actuellement qu’un seul médecin disponible en raison de ces suspensions. Cette décision de suspendre plusieurs médecins et personnels infirmiers a eu des conséquences immédiates sur le fonctionnement des services hospitaliers, écrit Al Akhbar. Au niveau du bloc opératoire, par exemple, les opérations programmées sont suspendues depuis environ quatre mois en raison d’un déficit criant en anesthésistes-réanimateurs. Ce service vital n’est assuré que par un seul médecin, alors que deux autres praticiens affectés aussi à ce même service figurent parmi les médecins ayant été suspendus.

Face à ce déficit, seules les interventions d’urgence sont effectuées, le médecin restant ne pouvant assurer une continuité de service, confronté à une charge de travail croissante. De nombreux chirurgiens se sont retrouvés dans l’impossibilité d’effectuer des opérations programmées, qui ont été reportées sine die, au grand désarroi des patients concernés.

L’affaire prend une dimension supplémentaire, et s’est complexifiée en ce qui concerne les professionnels de santé affiliés au Centre Hospitalier Universitaire Mohammed VI d’Agadir. Également suspendus dans le cadre de l’enquête sur le décès de plusieurs femmes enceintes survenu en septembre dernier à l’hôpital régional, ils ont été autorisés à reprendre leur travail à leur nouveau poste après avoir signé leurs procès-verbaux de reprise en décembre. Il s’agit d’un professeur universitaire spécialisé en obstétrique et en gynécologie, de deux médecins résidents et de cinq sages-femmes. En octobre dernier, le ministère de la Santé et de la Protection sociale avait pris des décisions de suspension conservatoire à l’encontre de 17 professionnels (médecins, infirmiers et sages-femmes), leur imputant des manquements professionnels ayant conduit à des décès, jusqu’à ce que la justice se prononce sur leurs dossiers, lesquels avaient été transmis au parquet compétent, rappelle Al Akhbar.

Le ministère avait également annoncé qu’un rapport de l’Inspection générale sur les conditions au Centre Hospitalier Régional Hassan II avait été transmis au parquet, pour évaluer d’éventuelles sanctions, suite au décès de huit femmes enceintes survenu quelques semaines auparavant. Ces mesures incluaient la suspension temporaire de plusieurs praticiens, en attendant l’issue des enquêtes judiciaires et administratives en cours les concernant.

Par La Rédaction
Le 03/03/2026 à 18h51