Actes de mariage: des rumeurs tenaces que les adouls continuent de réfuter

Bientôt, les marocaines pourront faire partie du Lafif, ou le témoignage collectif, devant les adouls (Photo d'illustration).

Un adoul donne à signer un acte adoulaire qu'il a rédigé. . DR

Revue de presseAlors que la grève des adouls se poursuit et que les tensions s’intensifient autour du projet de loi encadrant la profession, des rumeurs évoquant une forte augmentation des frais de mariage ont enflammé les réseaux sociaux. Les professionnels montent au créneau pour rétablir la vérité et appeler à un débat recentré sur les véritables enjeux du secteur. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Ahdath Al Maghribia.

Le 08/04/2026 à 19h46

Dans un contexte marqué par la mobilisation des adouls et leur arrêt des prestations notariales, la polémique s’est récemment intensifiée après la diffusion, sur les réseaux sociaux, d’informations affirmant une hausse des frais de conclusion des contrats de mariage à 3.500 dirhams. Face à l’ampleur de ces allégations, plusieurs membres de l’Instance nationale des adouls, dans différentes villes du Royaume, ont choisi de réagir publiquement afin de mettre un terme à ce qu’ils qualifient de rumeurs infondées, indique le quotidien Al Ahdath Al Maghribia de ce jeudi 9 avril.

À Fès, le Conseil régional des adouls est monté au créneau à travers un communiqué explicatif, dans lequel il affirme que les tarifs légalement en vigueur pour l’établissement des actes de mariage n’ont fait l’objet d’aucune modification ni révision. Il dément catégoriquement les montants récemment relayés, les qualifiant de fausses informations dénuées de tout fondement juridique ou factuel. Cette prise de parole vise à rassurer une opinion publique troublée par la circulation rapide de contenus non vérifiés dans l’espace numérique.

Dans le même esprit, l’instance régionale a appelé les citoyens à faire preuve de vigilance et de discernement face aux informations circulant en ligne, en insistant sur la nécessité de se référer aux sources officielles pour obtenir des données fiables. Ce rappel intervient dans un climat où les plateformes sociales jouent un rôle déterminant dans la formation de l’opinion, mais également dans la propagation de contenus trompeurs.

Dans plusieurs autres villes, des membres de la profession se sont également mobilisés pour démentir toute augmentation imminente des frais liés aux contrats de mariage, relate Al Ahdath Al Maghribia. Ils assurent que les informations évoquant un passage des honoraires de 700 à 3.500 dirhams sont totalement infondées et juridiquement irréalistes. Selon eux, la profession d’adoul est strictement encadrée par une grille tarifaire officielle, dont toute modification nécessite des procédures légales précises ainsi que l’approbation des autorités compétentes.

Au-delà de ce simple démenti, ces professionnels dénoncent une tentative de désinformation visant à perturber leurs revendications légitimes dans une période particulièrement sensible pour le secteur. Ils estiment que la diffusion de tels chiffres contribue à brouiller le débat public et à détourner l’attention des enjeux réels auxquels la profession est confrontée. Cette tension intervient alors que la grève ouverte des adouls se poursuit, avec l’annonce d’un sit-in prévu devant le siège du Parlement marocain. Par cette action symbolique, l’Instance nationale des adouls entend exprimer son rejet de la version actuelle du projet de loi encadrant la profession. Elle tient également le gouvernement pour responsable des perturbations subies par les citoyens en raison de cet arrêt généralisé des services.

La situation met en lumière l’urgence d’un dialogue approfondi entre l’Exécutif et les représentants de la profession. L’enjeu est de parvenir à une réforme équilibrée, capable de concilier les impératifs de modernisation administrative avec la préservation des spécificités du métier d’adoul, considéré comme un pilier fondamental de la sécurité contractuelle dans le Royaume.

Par La Rédaction
Le 08/04/2026 à 19h46