L’exécution sommaire par l’armée algérienne de trois ressortissants marocains, ainsi que la détention d’un quatrième à la frontière orientale du Royaume, provoque une vive indignation et soulève de graves interrogations sur les circonstances de ces morts. Des informations parcellaires laissent entendre que les victimes, sans avoir affiché de résistance, ont d’abord été appréhendées avant que trois d’entre elles ne soient froidement abattues, le dernier étant maintenu en captivité.
Le survivant pourrait être soumis à des sévices destinés à lui extorquer des aveux, rapporte Al Akhbar de ce lundi 2 février. Une mise en scène cynique, déjà observée par le passé, où des accusés sont exhibés devant les caméras pour réciter des versions préétablies du pouvoir.
L’opposant algérien Anouar Malek apporte des éléments plus accablants encore. Des sources fiables lui auraient confirmé que la mort des trois hommes était préméditée et survint après leur arrestation, et non à l’issue d’une confrontation. Il rappelle qu’un homme souffrant de troubles mentaux, originaire de la même zone que les victimes, avait précédemment été tué et enterré dans des conditions obscures après avoir erré près de la frontière, malgré un diagnostic médical attestant de son état.
Les défunts, âgés de 22 à 45 ans, étaient éleveur ou mécanicien, en quête de moyens de subsistance, selon leurs proches. Leurs familles réclament aujourd’hui la restitution des corps afin de procéder à une sépulture digne sur le sol national, ainsi que l’ouverture d’une enquête indépendante. Elles insistent sur le fait que leurs enfants n’étaient ni des criminels, ni des trafiquants, mais de simples citoyens pris dans un engrenage mortel. Ce drame n’est pas un cas isolé. Le 13 janvier 2023 déjà, deux Marocains avaient été abattus par l’armée des frontières algérienne et un troisième arrêté, toujours incarcéré à ce jour. Les dépouilles des victimes n’ont, à ce jour, toujours pas été rendues à leurs familles, en l’absence de toute explication officielle.
Ces événements tragiques remettent en lumière la question récurrente des violations commises par l’armée algérienne aux frontières orientales du royaume. Une intervention des organisations internationales de défense des droits de l’homme est désormais exigée , de même que la fin de cette omerta médiatique et la certitude que les responsables de ces actes ne resteront pas impunis.








