Succession d’Aziz Akhannouch: le RNI cherche un consensus pour préserver son unité

Aziz Akhannouch, chef du gouvernement et président du Rassemblement national des indépendants (RNI), lors de la 9ème rencontre régionale de son parti, le 16 décembre 2023 à Marrakech.

Revue de presseÀ l’approche du congrès extraordinaire prévu début février, le Rassemblement national des indépendants s’active en coulisses pour désigner le successeur d’Aziz Akhannouch. Entre refus de candidatures, profils pressentis et volonté d’éviter toute fracture interne, le parti mise sur le consensus afin d’aborder sereinement les prochaines échéances électorales. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 16/01/2026 à 20h22

La course à la succession d’Aziz Akhannouch à la tête du Rassemblement national des indépendants s’intensifie en coulisses. Les dirigeants de premier plan du parti multiplient les réunions, parfois longues et décisives, afin de dégager une personnalité capable de faire consensus et d’assurer la continuité, après la décision ferme du chef du gouvernement de ne pas solliciter une troisième reconduction à la présidence du parti, indique le quotidien Assabah dans son édition du weekend du 17 et 18 janvier.

Les cadres dirigeants du RNI se sont accordés sur la nécessité d’éviter toute bataille interne pour la présidence, redoutant qu’un affrontement ouvert ne provoque des divisions, voire des départs de parlementaires vers d’autres formations de la majorité. Un tel scénario affaiblirait le parti face à une opposition déjà en ordre de bataille. C’est dans cette optique que les dirigeants étudient minutieusement les profils pressentis, dans le but de parvenir à un accord global avant la tenue du congrès extraordinaire prévu le 7 février prochain à El Jadida.

Malgré l’ouverture officielle des candidatures à la présidence du parti entre le 12 et le 28 janvier à midi et demi, la commission préparatoire n’a, à ce stade, reçu aucun dossier. Cette situation traduit la volonté des responsables de préserver la cohésion interne et d’aboutir à un choix consensuel, afin d’éviter toute répercussion négative sur les préparatifs des échéances électorales à venir, lit-on dans Assabah.

D’après le quotidien, Mustapha Baitas, ministre délégué chargé des relations avec le Parlement et porte-parole du gouvernement, Rachid Talbi Alami, président de la Chambre des représentants et Nadia Fettah, ministre de l’Économie et des Finances, ont décliné toute intention de se porter candidats à la succession d’Akhanouch. En revanche, Mohamed Oujjar et Anis Birou auraient manifesté un vif intérêt pour assumer cette responsabilité et conduire le parti durant la prochaine phase politique.

Dans les cercles du parti à Casablanca et à Rabat, le nom de Mohamed Boussaid, ancien ministre de l’Économie et des Finances, circule comme celui d’un candidat crédible à la direction du RNI. Toutefois, certaines réserves sont exprimées à son égard, notamment en raison de son style de communication jugé limité et de difficultés supposées accompagner les élus du parti dans la mise en œuvre d’une politique de proximité. Un éventuel retour de Salaheddine Mezouar ou de Mustapha Mansouri, deux anciens dirigeants du parti dont les expériences passées comportent à la fois des acquis et des zones d’ombre, est évoqué.

D’autres noms de poids ont également été évoqués parmi les dirigeants, des profils disposant d’une forte valeur politique, administrative et technique. Il s’agit notamment de Moulay Hafid Elalamy, ancien ministre de l’Industrie et du Commerce, reconnu pour avoir marqué son passage au gouvernement et contribué à renforcer l’industrialisation du Maroc, bien que des informations indiquent qu’il ne souhaiterait pas succéder à Aziz Akhannouch.

Figurent aussi parmi les profils cités Mohamed Benchaâboun, ancien ministre de l’Économie et des Finances, qui a piloté avec efficacité la période de la pandémie de Covid-19, ainsi que Chakib Benmoussa, haut-commissaire au Plan, ancien ministre de l’Éducation nationale et ancien ministre de l’Intérieur, disposant d’une solide expérience dans la gestion publique et le travail de terrain. En revanche, Mohamed Saad Berrada, actuel ministre de l’Éducation nationale, aurait été écarté, malgré son expérience reconnue dans l’organisation et la supervision des opérations électorales, qu’il continuera d’assurer lors des législatives de 2026 et des élections territoriales de 2027, lit-on encore dans Assabah.

Quant à l’hypothèse de confier la direction du parti à une personnalité extérieure, elle se heurte à un obstacle juridique. Le règlement interne du RNI impose en effet que le candidat à la présidence soit membre du Conseil national du parti.

S’agissant enfin de l’impact du retrait d’Aziz Akhannouch de la présidence du parti sur le fonctionnement de la majorité gouvernementale et sur la conduite des affaires publiques, Mustapha Baitas a tenu à dissiper toute inquiétude. Lors d’une conférence de presse tenue récemment à Rabat, il a assuré qu’aucune perturbation n’affectera la coordination au sein de la majorité et que le travail gouvernemental se poursuivra normalement, indépendamment des évolutions internes au parti.

Par La Rédaction
Le 16/01/2026 à 20h22