Alors que débute la deuxième décennie de la transition vers l’indépendance du ministère public, la protection des catégories spécifiques –femmes, enfants, personnes vulnérables– s’impose comme l’un des piliers de la nouvelle dynamique impulsée par sa présidence. Celle-ci a d’ailleurs affirmé que cet engagement constitue un axe vital de son plan stratégique pour la période 2026-2028, qui vise à restaurer la confiance des justiciables, à accélérer la digitalisation, et à élargir le champ de la justice afin qu’elle accompagne l’investissement tout en protégeant les publics fragiles.
Dès lors, le ministère public place la justice devant une exigence double, alliant d’un côté l’efficacité, de l’autre l’équité sociale, relaie Al Ahdath Al Maghribia de ce vendredi 27 mars. C’est dans cette perspective que la feuille de route stratégique prévue pour cette institution, dont le cadre institutionnel de référence est guidé par les orientations royales du Roi Mohammed VI, a été décrite sur les trois prochaines années dans un communiqué diffusé jeudi 26 mars à Rabat.
Cette approche, définie par le fait que la justice reste la garante des droits et libertés et un vecteur d’équilibre entre la souveraineté de la loi et les impératifs d’équité, se traduit par une intervention accrue du ministère public dans les affaires impliquant des personnes nécessitant une attention particulière, afin de perfectionner les mécanismes d’accompagnement judiciaire. Il s’agit également d’améliorer l’accès à la justice, et de garantir une protection effective des droits de ces catégories, femmes, enfants ou les plus fragiles de la société. Cet axe marque une évolution majeure, écrit le quotidien, «il insuffle une dimension à la fois préventive et humaine à l’action du parquet, en dépassant la seule logique répressive au profit d’une approche intégrée, attentive aux spécificités sociales et humanitaires des justiciables».
La présidence du ministère public souligne que «cette orientation ne saurait être dissociée des autres piliers du plan, notamment ceux relatifs au renforcement de la protection des droits et libertés ainsi qu’à la moralisation de la vie publique». Dans cette dynamique, l’axe consacré aux groupes vulnérables rejoint d’autres chantiers essentiels, comme le développement d’une communication institutionnelle à même d’«assurer un accompagnement optimal des victimes», indique Al Ahdath Al Maghribia, selon lequel «il est également prévu d’intégrer pleinement la numérisation, appelée à faciliter l’accès à la justice et à lever les complexités procédurales qui pénalisent les publics les plus fragiles». Pour concrétiser ces ambitions, trente chantiers de réforme, mesurés par différents indicateurs se déploient dans ce plan stratégique répartis sur différents axes, dans le but «d’instaurer une nouvelle culture fondée sur les résultats, loin de la simple déclaration d’intention».








