Les magistrats de la Cour des comptes se sont rendus, jeudi matin, au centre hospitalier Abdelghani Zemmouri à Kénitra, peu après la démission du directeur de l’établissement. Ce dernier aurait quitté ses fonctions après avoir refusé d’approuver plusieurs marchés au sein de cet hôpital, ouvert au public il y a environ un an, indique le quotidien Assabah dans son édition du weekend du 28 et 29 mars. Cette décision a suscité une vive réaction, marquée notamment par l’organisation de deux sit-in, à l’intérieur et à l’extérieur de l’établissement, en soutien au directeur et pour réclamer l’envoi de commissions d’enquête sur ce que certains professionnels qualifient de «réseau de corruption».
Le professeur Yassine El Hefiani avait déposé sa démission une semaine auparavant, adressée à la direction régionale de Rabat-Salé-Kénitra, après avoir invalidé certaines procédures de marchés publics. Cette prise de position a rapidement alimenté un débat au sein du secteur de la santé, au point de remonter jusqu’au ministre de tutelle.
L’intervention des magistrats dépêchés sous l’autorité de Zineb El Adaoui s’inscrit dans une démarche d’investigation portant sur plusieurs marchés entourés de soupçons de graves irrégularités, écrit Assabah. L’enquête vise à examiner les conditions de gestion administrative et financière de ces dossiers. Des responsables du secteur redoutent les conclusions de cette mission d’audit, qui pourrait mettre en cause des figures importantes, possiblement liées à des directeurs centraux du ministère, lit-on.
Parallèlement, des cadres syndicaux de l’établissement ont organisé un rassemblement de soutien au professeur démissionnaire, l’appelant à reprendre ses fonctions. Ils dénoncent une campagne de pressions systématiques visant, selon eux, à faire taire les voix réformatrices. La manifestation, tenue devant l’hôpital, a réuni des acteurs associatifs, des citoyens ainsi que des organisations engagées dans la défense du droit à la santé. Une autre action, sous forme de sit-in silencieux, s’est déroulée à l’intérieur de l’établissement.
Les manifestants affirment que la situation vise à étouffer la vérité et à dissimuler des dysfonctionnements internes. Ils estiment que l’impunité ne peut plus être tolérée et insistent sur l’ouverture d’une enquête transparente et indépendante ainsi qu’à l’application de sanctions à l’encontre de toute personne reconnue coupable de manquements ou d’atteintes aux fonds publics, sans distinction.




