Les fonctionnaires fantômes plombent le budget de la commune de Casablanca

La commune de Casablanca.

Le siège du conseil communal de Casablanca.. Le360

Revue de presseLa commune de Casablanca s’apprête à adopter son budget pour l’année 2026, lors de la seconde manche de la session d’octobre, prévue ce mercredi 22 octobre. Malgré la baisse de l’enveloppe consacrée aux salaires, il n’en reste pas moins que le poids des fonctionnaires fantômes continue à plomber le budget de la commune. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 21/10/2025 à 20h53

Les fonctionnaires fantômes, nom donné à cette catégorie de salariés émargés sur l’argent public, mais qui ne se rendent ni n’exercent jamais le moindre travail, ont concentré l’essentiel des débats au sein de la Commission des finances, du budget et de la programmation de la commune de Casablanca. Selon le quotidien Assabah daté du 22 octobre, cette commission s’est réunie en préparation de la seconde manche de la session d’octobre du Conseil de la ville, prévue ce mercredi et au cours de laquelle le budget de l’année 2026 sera adopté.

Ainsi, plusieurs membres de la commission des finances, du budget et de la programmation ont mis le doigt sur l’aggravation du phénomène des fonctionnaires fantômes de la commune, dont certains occupent de hautes fonctions et touchent mensuellement de gros salaires sans jamais se rendre à leur lieu de travail, que ce soit au siège central de la commune ou au niveau de ses différents arrondissements et annexes. L’absence de bonne gouvernance administrative explique en grande partie cette situation.

Ces fonctionnaires fantômes au sein de la commune de Casablanca, même en l’absence de statistiques précises, se compteraient par centaines, selon les propos concordants de plusieurs élus locaux. Même lorsque la commune a décidé d’équiper des bureaux et de les doter de moyens informatiques, les fonctionnaires fantômes n’ont jamais répondu à l’appel. La mise en place de machines de pointage des entrées et sorties des fonctionnaires n’y fit rien non plus.

Des critiques ont également fusé contre ces fonctionnaires qui se permettent de se faire payer chaque mois et qui rechignent à remplir les missions qui leur sont dévolues. Et ce, au moment où ceux qui font assidûment leur travail ne sont pas encouragés par des primes et autres avantages, dans un environnement où le favoritisme l’emporte sur la compétence.

Ce qui aggrave davantage le phénomène des fonctionnaires fantômes, ou absentéistes pour la plupart, c’est que la commune de Casablanca connaît actuellement un déficit en cadres (administratifs, techniques, de santé…) à cause des départs à la retraite non compensés. Ainsi, les fonctionnaires de la commune sont passés de 11 394 en 2020 à 8 168 en 2025 (soit une baisse de 3 186 fonctionnaires), bien que la commune ait ouvert la voie au recrutement d’ingénieurs et autres professionnels de la santé.

Le budget consacré par la commune aux ressources humaines se chiffre à 1,062 milliard de dirhams pour l’année 2026, contre 1,099 milliard de dirhams pour l’année 2025, soit une baisse de 3% d’une année à l’autre, baisse que la commune impute à la réussite de sa politique de rationalisation de la masse salariale qui représente près du cinquième du budget total de la commune. Selon les prévisions de 2026, le budget total de la commune de Casablanca culminera à 5,255 milliards de dirhams, contre 5,047 milliards de dirhams en 2025, soit une hausse de 4%. Ce budget, marqué comme le précédent par une baisse continue de la masse salariale, même si cette dernière reste plombée par les fonctionnaires fantômes, fait la part belle aux dépenses sociales et à celles d’équipement.

Par La Rédaction
Le 21/10/2025 à 20h53