À l’approche des échéances législatives prévues en septembre prochain, le phénomène de la transhumance politique a connu une accélération notable, particulièrement depuis le début de l’année 2026. Ce «mercato» partisan a été inauguré par les ralliements de Mohamed Boudraa, quittant le PAM, et d’Abdelhadi Khairat, quittant l’USFP, pour rejoindre tous deux le PPS.
«Malgré les dispositions, claires, de l’article 61 de la Constitution, qui prévoit la déchéance de tout mandat pour un élu qui abandonne la formation politique sous l’étiquette de laquelle il a été élu, ce phénomène n’a pas été endigué au sein de la sphère partisane», écrit Al Ahdath Al Maghribia de ce vendredi 13 mars. Devant ce constat, plusieurs propositions visent à mettre un terme à ces pratiques. Le Parti de l’Istiqlal, par exemple, suggère de limiter la transhumance à une seule occurrence non renouvelable, tout en interdisant la sollicitation de «notables» durant les six derniers mois du mandat législatif ou des collectivités territoriales.
«Les directions des partis politiques abordent la transhumance avec une logique duale, oscillant entre l’opportunité et la menace. D’un côté, elles ouvrent grand leurs portes à ceux qu’elles nomment les «notables» ou les élus bénéficiant d’un siège «garanti» espérant accroître leur poids dans les résultats électoraux», indique le quotidien, ajoutant que ces mêmes directions «dénoncent vertement cette pratique lorsque l’un de leurs propres élus les abandonne au profit d’une concurrence», un «paradoxe [qui] demeure répandu pour plusieurs raisons, notamment le recours aux démissions «préventives» auxquelles certains élus se soumettent quelques mois avant la fin de leur mandat afin de contourner la déchéance légale».
En parallèle, ajoute Al Ahdath Al Maghribia, «les nouvelles dispositions relatives à l’élection des membres de la chambre des représentants interdisent la candidature à quiconque a commis des délits électoraux ainsi que les individus poursuivis pour des crimes même en l’absence d’un jugement définitif». En conséquence, «les partis politiques, en particulier les plus grandes formations, craignent pour leur capital symbolique et leur image auprès de l’opinion publique. Certains ont donc adopté des chartes éthiques s’engageant à ne pas investir de personnes poursuivies pour des crimes financiers ou soupçonnées de corruption électorale», écrit le quotidien.
Pour Al Ahdath Al Maghribia, en effet, «cette fermeté affichée dans l’application des critères d’intégrité avant les élections de 2026 n’est pas le fruit d’un vide juridique, mais répond à de fortes pressions institutionnelles et aux attentes d’une opinion publique déterminée à faire barrage à ce qu’elle nomme les «corrupteurs électoraux»». Une «pression [qui] place les états-majors des partis dans un embarras certain», puisqu’ayant «besoin de la capacité de mobilisation de ces «notables» pour assurer une représentation solide» et, de plus, réalisant «que le parrainage d’individus sous le coup de poursuites judiciaires leur ferait perdre la confiance des électeurs», avec en sus, ajoute le quotidien, ce risque: «voir un éventuel siège parlementaire invalidé ultérieurement par une décision de la Cour constitutionnelle».







