Le retour controversé d’un conseiller condamné au conseil communal de Tétouan 

Commune urbaine de Tétouan.

La commune urbaine de Tétouan.

Revue de presseÀ peine sorti de prison après l’allègement de sa peine en procédure d’appel, un conseiller appartenant à la majorité dirigeante du conseil communal de Tétouan a repris ses fonctions et participé aux préparatifs de la session de février. Une situation qui relance la polémique sur le retour d’élus aux antécédents judiciaires dans la gestion locale. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 29/01/2026 à 19h01

Un conseiller appartenant à la majorité de Mustafa El Bakkouri, président du conseil communal de Tétouan, a repris cette semaine l’exercice normal de ses fonctions au sein du conseil, quelques jours seulement après sa sortie de prison. Cette reprise intervient à la suite de la décision de la Cour d’appel de Tétouan de réduire la peine prononcée à son encontre à trois années de prison. Le conseiller a ainsi participé à la réunion de la commission chargée de préparer la session ordinaire du mois de février, au cours de laquelle ont été examinés les points, recommandations et propositions destinés à être soumis au vote du conseil, relaie le quotidien Al Akhbar de ce vendredi 30 janvier.

Une convocation officielle a été adressée à l’élu concerné afin qu’il prenne part à la session ordinaire de février, participe aux débats et vote les délibérations inscrites à l’ordre du jour. Cette décision a ravivé les critiques visant la majorité dirigeante, tandis que l’opposition menace de faire de cette session un moment de forte tension politique, consacré à la reddition des comptes et à la mise en lumière de ce qu’elle qualifie de dérives et de scandales dans la gestion locale, a-t-on pu lire. Des proches du conseiller au sein de la majorité rejettent toute approche fondée sur le «deux poids, deux mesures» concernant le retour de personnes ayant des antécédents judiciaires à des fonctions au sein du conseil communal de Tétouan, relate Al Akhbar. Ils rappellent que d’autres membres et vice-présidents ont déjà retrouvé leurs postes dans des conditions normales et se sont vu confier des responsabilités importantes, sous le regard des autorités de tutelle et avec l’aval de la présidence de la commune.

Le retour du conseiller à ses fonctions fait suite à l’allègement de sa peine par la chambre criminelle de la Cour d’appel, après de longues investigations dans une affaire portant sur des accusations de falsification de documents officiels, d’escroquerie et de fraudes liées à des transactions financières portant sur des montants considérables. Cette affaire implique également un notaire connu, poursuivi dans le même dossier. Les controverses liées au retour d’élus ayant des antécédents judiciaires à des postes de gestion ne se limitent toutefois pas à la ville de Tétouan. Des situations similaires sont signalées à Chefchaouen, alimentant un climat de défiance croissant. L’opposition estime que de telles pratiques contribuent à vider l’action politique de son sens et à éloigner davantage les jeunes de la participation à la gestion des affaires publiques.

De leur côté, certaines directions partisanes continuent de défendre leurs proches, multipliant les justifications face aux accusations de manquements éthiques et juridiques. Pour les détracteurs, ces positions traduisent une volonté de banaliser des comportements jugés inacceptables, en contradiction avec les principes de moralisation de la vie politique et avec les orientations appelant à renforcer la responsabilité et la transparence dans la gestion des affaires publiques.

Par le360
Le 29/01/2026 à 19h01