La grève des avocats paralyse les tribunaux de Tétouan, Chefchaouen et Ouezzane

Suite à la grève des avocats, les tribunaux de Tétouan, Chefchaouen et Ouezzane sont pratiquement à l’arrêt depuis le 26 janvier.

Depuis le 26 janvier, les tribunaux de Tétouan, Chefchaouen et Ouezzane sont pratiquement à l’arrêt. Les avocats, en grève pour rejeter le projet de loi n° 66.23 sur l’organisation de leur profession, dénoncent une atteinte à leur indépendance. Ce mouvement, suivi à près de 100%, bloque les Chambres criminelles, reporte les procès et laisse les justiciables dans l’inquiétude. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 28/01/2026 à 20h05

Une paralysie judiciaire frappe depuis le lundi 26 janvier les tribunaux de première instance de Tétouan, Ouezzane et Chefchaouen, à la suite de la grève d’une semaine entamée par les avocats du barreau local. Ce mouvement de protestation a entraîné l’accumulation de dossiers au sein des Chambres criminelles de premier et de second degré, ainsi que dans celles dédiées aux affaires des mineurs.

«Face à cette suspension de l’activité juridictionnelle, les justiciables expriment une inquiétude grandissante et réclament des solutions rapides pour garantir à tous les accusés les conditions d’un procès équitable», rapporte Al Akhbar dans son édition de ce jeudi 29 janvier.

Cette mobilisation s’inscrit dans le cadre d’un rejet ferme du projet de loi n° 66.23 portant organisation de la profession d’avocat. Les instances ordinales dénoncent des dispositions qu’elles qualifient «d’inquiétantes» et portant atteinte, selon elles, «à l’essence même de la profession et à son indépendance».

Selon des sources informées, l’Ordre des avocats, invoquant l’intérêt général, a privilégié dans un premier temps la voie du dialogue pour trouver des solutions efficientes face à ce texte controversé. N’ayant pas obtenu de réponse à ses observations, il a finalement opté pour cette grève d’avertissement, menaçant d’une escalade des protestations si les autorités ne revenaient pas à une table de discussion véritablement participative.

Sous la présidence du bâtonnier, le barreau de Tétouan maintient ses réunions en permanence pour suivre l’évolution de la contestation, tant du projet de loi que de certaines décisions du ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi. Les avocats poursuivent par ailleurs leur coordination avec l’ensemble des parties concernées, notamment l’Association marocaine des avocats.

«Les conséquences pratiques de la grève sont sans équivoque», note Al Akhbar. La loi exigeant la présence de la défense sous peine de nullité des débats, toutes les affaires criminelles prévues devant la Cour d’appel de Tétouan ont été reportées. Salles d’audience désertes, greffes inactifs, services spécialisés au ralenti: le boycott observé par les avocats frise les 100%, ne laissant devant les tribunaux que les fonctionnaires et responsables, seuls à répondre à l’appel dans un paysage judiciaire frappé de stupeur.

Par le360
Le 28/01/2026 à 20h05