GMT+1: le PPS accusé de surfer sur une colère persistante

Nabil Benabdellah, ministre de l'Habitat et secrétaire général du PPS.

Nabil Benabdellah, secrétaire général du PPS. . DR

Revue de presseLa controverse autour du passage à l’heure GMT+1 se poursuit, alors que des membres de la «Commission nationale pour l’annulation de l’heure supplémentaire» critiquent vivement des dirigeants du Parti du Progrès et du Socialisme (PPS), les accusant de vouloir «politiser ce dossier social à des fins électorales». À quelques mois de ces scrutins, les critiques fusent envers ce que certains perçoivent comme une «récupération partisane». Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 08/04/2026 à 17h34

Les répercussions de la polémique sur l’instauration d’une heure de plus (GMT+1) dans le Royaume persistent, alors que des représentants de la «Commission nationale pour l’annulation de l’heure supplémentaire» ont exprimé des critiques acerbes envers les dirigeants du PPS auxquels ils reprochent de chercher à «politiser» ce dossier social et à le transformer en une carte électorale, à quelques mois des prochaines élections.

Selon plusieurs sources internes de cette commission, de nombreux membres déplorent l’exploitation de ce sujet par le PPS, relaie Al Akhbar de ce jeudi 9 avril. Ils considèrent que l’organisation de multiples séminaires sur cette question —dont la dernière rencontre, tenue au siège même du parti— constitue une «tentative de surfer sur des revendications sociétales légitimes pour se poser en leader de cette campagne».

Lors de ce rassemblement, plusieurs dirigeants du PPS ont pris part aux débats aux côtés de membres de la commission chargée de la pétition officielle réclamant le retour à l’heure légale. Une présence qui «n’a pas manqué de susciter des réserves au sein d’une frange militante pourtant engagée dans cette lutte».

Un «manque de crédibilité» est aussi dénoncé, le PPS ayant fait partie de la coalition gouvernementale qui avait décidé de l’instauration de cette heure supplémentaire. «Cela lui retire toute légitimité pour parrainer cette revendication», a-t-on souligné, ajoutant qu’il s’agit là d’«une tentative d’exploitation d’un dossier socialement sensible, dans le contexte de l’approche des élections», tout en insistant «sur le refus des acteurs de la société civile de voir ce détournement servir des agendas partisans étroits».

Et pour des analystes interrogés par le quotidien, «l’intervention des partis politiques dans ce débat relève d’une interaction naturelle avec les préoccupations de l’opinion publique, d’autant que la question de l’heure supplémentaire a alimenté des années durant un large débat, en raison de ses effets sociaux et sanitaires, particulièrement sur les élèves et les fonctionnaires».

Cette controverse survient alors que se multiplient les appels dans la société pour que l’horaire GMT+1 soit abrogé, et que les habitants du Royaume vivent à leur rythme habituel, celui de GMT, indique Al Akhbar, relayant des demandes «d’ouverture d’un dialogue national, qui prenne en compte les dimensions économiques et sociales, à l’abri de toute instrumentalisation politique».

Par Hassan Banadad
Le 08/04/2026 à 17h34