Fès: le parlementaire socialiste et ex-maire de Malab, Mehdi Alaoui, devant la justice

La Cour d'appel de Fès.

Revue de presseLa Cour d’appel de Fès a officiellement renvoyé en jugement Mehdi Alaoui, député USFP et ex-président de la commune de Malab. Poursuivi pour détournement de fonds publics et falsification de documents, il comparaîtra le 3 mars prochain aux côtés de six co-accusés. Une information rapportée par le quotidien Al Akhbar.

Le 13/02/2026 à 19h22

L’étau judiciaire se resserre autour de Mehdi Alaoui, député de l’USFP et ancien président de la commune de Malab, dans la province d’Errachidia. Saisi par le parquet général, le juge d’instruction près la Cour d’appel de Fès a prononcé sa mise en accusation, l’impliquant dans une affaire de gestion litigieuse aux côtés de six coprévenus issus de la commune et du secteur privé.

Cette décision fait suite à une enquête approfondie menée par la Brigade régionale de la police judiciaire, elle-même déclenchée par un rapport accablant de l’Inspection générale du ministère de l’Intérieur. Ce rapport met en lumière de graves anomalies dans la gouvernance de la commune, tant sur le plan des recettes que des dépenses, rapporte Al Akhbar de ce week-end (14 et 15 février).

Du côté des recettes, les inspecteurs ont relevé des manquements récurrents: fixation discrétionnaire des taxes sur les débits de boissons et l’exploitation des carrières, omission de l’imposition automatique des personnes assujetties et absence totale de pénalités de retard. Une société exploitant temporairement une carrière n’aurait ainsi jamais été déclarée auprès des services fiscaux. Par ailleurs, la commune s’est abstenue de réclamer des loyers impayés s’élevant à 51.350 dirhams, tolérant des montants dérisoires et négligeant leur révision triennale, pourtant obligatoire.

L’examen des dépenses s’avère tout aussi critique. La gestion du conseil communal est épinglée pour le recours systématique à des bons de commande atteignant 200.000 dirhams chacun, contournant ainsi les procédures de marchés publics. Des études techniques ont été confiées à des bureaux non spécialisés, à des tarifs jugés excessifs. Plus grave encore, la commune a engagé des projets de forage et de sondage hydrique hors de son champ de compétence, sans études préalables ni autorisation de l’Agence du bassin hydraulique.

Le rapport pointe également des avantages indus, comme l’octroi à une coopérative à but lucratif d’un réservoir d’une valeur de 232.920 dirhams, note Al Akhbar. Enfin, des dépenses anormales ont été constatées dans des acquisitions majeures: un véhicule ambulancier a été acheté 390.000 dirhams pour une valeur réelle estimée à 200.000 dirhams et un bus scolaire a été payé près de 500.000 dirhams, alors que son prix de marché avoisinait les 390.000 dirhams. L’instruction a également révélé que l’ancien président, Mehdi Alaoui, validait personnellement les bons de commande et les factures, court-circuitant délibérément le service technique compétent.

Par Hassan Benadad
Le 13/02/2026 à 19h22