La présidente du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), Amina Bouayach, prévoit d’élargir les actions de l’institution en Afrique, notamment sur les questions liées à l’immigration et à la migration.
Dans un entretien accordé à Le360, elle a annoncé un prochain déplacement au Cameroun, où elle présidera, la semaine prochaine à Yaoundé, une rencontre consacrée aux difficultés rencontrées par les ressortissants africains sur les routes de l’immigration. Amina Bouayach interviendra à cette occasion en sa qualité de présidente du Réseau des institutions nationales africaines des droits de l’Homme. «C’est une question qui nous préoccupe», a-t-elle affirmé.
Sur le plan national, la présidente du CNDH a également confirmé sa volonté de donner un nouveau souffle aux actions de l’institution au Maroc, en mettant l’accent sur l’évaluation de l’effectivité réelle des droits et libertés. Elle a insisté sur la nécessité de doter le pays d’indicateurs fiables, partagés et opérationnels en matière de droits de l’Homme, capables «de mesurer concrètement l’impact des politiques publiques sur la vie quotidienne des citoyennes et des citoyens».
Amina Bouayach a illustré son propos par l’exemple de l’abandon scolaire, un phénomène dont ni l’aggravation ni l’amélioration ne sont, selon elle, suivies avec suffisamment de précision. «Il ne s’agit plus seulement de proclamer des droits ou d’adopter des normes, mais de disposer d’outils permettant de mesurer leur mise en œuvre effective et leurs effets réels», a-t-elle souligné.
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Enfin, la présidente du CNDH s’est déclarée fière de la reconnaissance internationale récemment accordée au Maroc au Mexique, à travers sa contribution à la publication d’un ouvrage consacré aux droits de l’Homme. Lors de ce séjour, rappelle-t-on, elle s’est vu remettre par les autorités de la ville mexicaine de Jantetelco la clé de cette cité historique, haut lieu de la mémoire de la lutte pour les droits de l’Homme.
Entre engagement continental sur les migrations et exigence accrue de mesure et d’évaluation au niveau national, le CNDH entend désormais inscrire son action dans une approche plus concrète, où les droits de l’Homme se jugent moins à l’aune des principes proclamés qu’à celle de leurs effets tangibles sur la vie des citoyens.












