Le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, a présenté mardi 13 janvier 2026 devant la Chambre des conseillers un bilan détaillé et actualisé de la situation des listes électorales générales, mettant en lumière d’importantes évolutions ayant affecté le corps électoral national à l’approche des échéances électorales prévues en 2026. Intervenant lors de la séance des questions orales, le ministre a indiqué que le nombre de nouveaux inscrits s’est élevé à 382 170 électrices et électeurs. Parmi eux, 254.740 se sont inscrits via le portail électronique dédié aux listes électorales, tandis que 127.430 ont déposé des demandes écrites auprès des bureaux administratifs compétents, rapporte le quotidien Al Ahdath Al Maghribia dans son édition du jeudi 15 janvier. Ces chiffres traduisent, selon le ministre, une dynamique notable d’adhésion au processus électoral, portée notamment par la dématérialisation des procédures.
Abdelouafi Laftit a par ailleurs insisté sur la vigilance accrue entourant les opérations de radiation afin de garantir les droits des personnes déjà inscrites. Il a précisé que la suppression d’un électeur des listes, notamment pour cause d’absence du territoire communal ou de l’arrondissement, n’est effectuée qu’après vérification effective de son départ définitif de la circonscription concernée.
S’agissant de l’assainissement des listes électorales, le ministre a révélé que cette opération a concerné environ 1,4 million de cas. L’absence de résidence effective au sein de la commune ou de l’arrondissement demeure la principale cause de radiation, suivie par les situations de double inscription, les décès et la perte de la capacité électorale pour des raisons légales ou judiciaires, a-t-on lu dans Al Ahdath Al Maghribia. À ce stade de la révision annuelle, le nombre total provisoire des électeurs inscrits au niveau national atteint environ 16,5 millions de personnes, dont 54% d’hommes et 46% de femmes.
Le ministre de l’Intérieur a également souligné que le corps électoral provisoire se répartit à hauteur de 55% en milieu urbain contre 45% en milieu rural. Il a affirmé que son département œuvre en étroite coordination avec les responsables des partis politiques afin d’assurer la réussite du processus d’inscription sur les listes électorales. Dans ce cadre, un arrêté ministériel sera pris pour fixer le calendrier d’une seconde opération exceptionnelle d’inscription.
Abdelouafi Laftit a rappelé que la question du corps électoral revêt une importance particulière à l’approche des préparatifs opérationnels liés aux prochaines élections législatives de la Chambre des représentants. Selon lui, l’élaboration d’un corps électoral fiable et représentatif constitue l’un des principaux enjeux d’une préparation rigoureuse du scrutin. Le ministre a estimé que la disponibilité de listes électorales fidèles à la réalité démographique du pays constitue la porte d’entrée essentielle vers des élections transparentes et crédibles, ainsi que vers l’atteinte d’un taux de participation acceptable. Le défi majeur, a-t-il insisté, réside aujourd’hui dans l’élimination de toutes les irrégularités susceptibles d’altérer ces listes.
Il a également précisé que la question de la bonne préparation des listes électorales occupe une place centrale dans les concertations politiques relatives à l’élaboration du cadre juridique encadrant les élections législatives de 2026, menées avec les chefs des partis politiques. Dans ce contexte, le ministère de l’Intérieur s’est engagé à revoir les listes électorales et à prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir le succès de l’opération d’inscription lors de la révision exceptionnelle précédant le scrutin, écrit Al Ahdath Al Maghribia.
Sur le plan technique, Abdelouafi Laftit a expliqué que les services du ministère ont procédé à un traitement informatique approfondi des listes électorales à partir du système d’information central, en coordination avec d’autres bases de données nationales. Cette opération a permis d’identifier l’ensemble des situations susceptibles de constituer des dysfonctionnements potentiels.
Ces cas concernent majoritairement des personnes ayant changé de lieu de résidence effective d’une commune à une autre ou d’un arrondissement à un autre, qu’elles aient ou non introduit une demande d’inscription dans leur nouvelle circonscription. Le ministre a attribué ces situations à la mobilité continue de la population, aux opérations de relogement des habitants des bidonvilles, à la restructuration de certains quartiers ou encore à l’ouverture de nouveaux ensembles résidentiels dans plusieurs régions du pays.
D’autres anomalies ont également été relevées, notamment des erreurs matérielles dans les noms de certains électeurs ou dans les données de la carte nationale d’identité, ainsi que des cas de décès enregistrés les années précédentes et signalés aux commissions administratives compétentes en vue de la radiation des personnes concernées.
Des situations de perte du droit de vote pour des motifs légaux ou judiciaires ont également été recensées. Le ministre a conclu en précisant qu’après l’identification de l’ensemble de ces cas, les listes correspondantes ont été transmises aux autorités compétentes afin de les examiner minutieusement à la lumière des données locales disponibles, avant leur présentation aux commissions administratives chargées de statuer et de prendre les décisions appropriées.







