Cette mesure radicale s’inscrit dans l’application des conclusions d’une réunion réunissant le ministre de la Santé Amine Tahraoui, l’Inspection générale, l’Agence nationale de l’assurance maladie et l’Ordre national des médecins. «À l’issue de cette rencontre, il avait été décidé de renforcer la surveillance des cliniques privées et de suspendre immédiatement tout praticien du secteur public exerçant illégalement dans le privé», rapporte Assabah du 7 avril. «Les contrevenants sont déférés devant le conseil de discipline, qui statuera sur les sanctions appropriées, afin de lutter contre les conflits d’intérêts et de restaurer l’intégrité de l’offre de soins.
Les faits à l’origine de cette procédure remontent à plusieurs semaines: les deux neurochirurgiens mis en cause se seraient violemment disputés au sein d’une clinique privée d’El Jadida. L’un d’eux a déposé une plainte auprès de l’Ordre des médecins généralistes, qui l’a transmise à l’Inspection générale du ministère. Cet acte a été interprété comme un aveu explicite d’une activité «au noir» dans le secteur privé.
«À la suite de cette plainte, les inspecteurs ont effectué des descentes dans plusieurs cliniques de la ville», indique Assabah. Ils y ont consulté les listes des praticiens relevant du secteur public, dont la présence a été constatée dans des établissements privés pendant des horaires où ils étaient censés exercer à l’hôpital Mohammed V. Ces absences ont été jugées comme une atteinte manifeste à leurs obligations de service, préjudiciable à l’offre publique de soins et à la prise en charge des patients, notamment en ce qui concerne les délais de rendez-vous pour les examens et les interventions chirurgicales.
La mission d’inspection s’est conclue par l’établissement d’un rapport accablant, qui souligne l’aggravation du phénomène des médecins publics exerçant clandestinement dans le privé, au point que certains établissements privés fondent entièrement leur activité de soins sur ces praticiens.




