Dialogue social: vers une impasse à l’approche des élections?

Les syndicats CDT et UMT au sein de l’Office nationale de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) ont organisé une grève nationale du 17 au 19 avril dernier.

Les syndicats CDT et UMT au sein de l’Office nationale de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) ont organisé une grève nationale du 17 au 19 avril dernier.

Revue de presseAlors que l’Exécutif dévoile un nouveau calendrier pour les rounds de négociation sociale, un vent de mécontentement souffle sur les rangs syndicaux. Ces derniers y voient une dilution des enjeux urgents et une rupture avec l’esprit de la négociation directe, laissant présager une rentrée sociale sous haute tension. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 13/03/2026 à 19h19

La sérénité du dialogue social entre les partenaires sociaux et le gouvernement est de nouveau mise à l’épreuve. L’adoption par l’Exécutif d’un échéancier pour les prochaines discussions est perçue par les syndicats comme un renoncement à une négociation substantielle sur les dossiers en suspens. Selon des sources concordantes, cette planification, intervenant à l’approche des échéances électorales, a cristallisé un vif mécontentement au sein des instances syndicales, rapporte Al Akhbar de ce week-end (14 et 15 mars).

Les organisations de travailleurs dénoncent une manœuvre qui aboutirait, de fait, à un report des débats cruciaux touchant au pouvoir d’achat, à la revalorisation salariale et à l’amélioration des conditions de travail. Lors de leurs dernières concertations, plusieurs responsables syndicaux ont exprimé leur ferme opposition à ce qu’ils qualifient de «vidange du dialogue social de sa substance». À leurs yeux, se contenter de fixer des échéances sans propositions concrètes pour résoudre les problèmes soumis ne peut qu’exacerber les tensions dans les secteurs professionnels les plus vulnérables.

Ils rappellent que le dialogue social se doit d’être un véritable mécanisme de négociation sur l’ensemble des questions relatives au marché du travail, et non un simple rituel périodique où les décisions sur les revendications fondamentales sont systématiquement différées.

En réponse, des sources gouvernementales expliquent que cette approche calendaire vise uniquement à structurer le processus de négociation et à pérenniser le dialogue. Elles assurent que l’intention est de traiter les dossiers de manière progressive, en tenant compte des ressources disponibles et des équilibres financiers de l’État, écrit Al Akhbar.

Cette divergence, selon ces mêmes sources, illustre une opposition persistante dans la philosophie même de la gestion du dialogue social: là où les syndicats réclament un dialogue effectif débouchant sur des résultats tangibles, le gouvernement privilégie une approche graduelle, programmant dans le temps l’examen des dossiers. La persistance de ces tensions risque d’hypothéquer durablement le climat des relations sociales à venir, particulièrement si aucun terrain d’entente ne se dessine sur les priorités revendicatives des travailleurs.

Par Hassan Benadad
Le 13/03/2026 à 19h19