Des élus au Parlement ont trempé dans une vaste affaire de revente de terrains lotis dans des zones industrielles

Implantation de différentes unités de production dans une zone industrielle.

Revue de presseSur des promesses de projets d’investissements, purement fictifs, des élus de premier plan, dont des députés et des conseillers au Parlement, ont bénéficié de lots de terrain dans des zones industrielles. Leur but initial était de revendre le titre foncier qui leur avait été octroyé. Une escroquerie démantelée, alors qu’une enquête est actuellement initiée, relaie le quotidien Assabah, dont est tirée cette revue de presse.

Le 18/03/2026 à 19h01

Bénéficier directement ou indirectement de terrains lotis dans des zones industrielles dans les régions de Tanger, Casablanca et Kénitra dans le but, inavoué au départ, de réaliser une importante plus-value en le revendant: telle est la manoeuvre, malhonnête, dont se retrouvent soupçonnés des élus de premier plan, dont des députés et des conseillers siégeant au Parlement.

La découverte de ces manigances revient à Omar Hejira, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Industrie et du Commerce, chargé du Commerce extérieur, à l’occasion de tournées qu’il a effectuées dans plusieurs régions du Royaume. Selon des sources informées interrogées par Assabah de ce jeudi 19 mars, plusieurs bénéficiaires de ces titres fonciers s’apprêtent à se présenter aux prochaines élections législatives. En tout, ce sont dix élus au Parlement, précisent les sources du quotidien, qui ont bénéficié de terrains lotis dans des zones industrielles, sans avoir eu l’intention d’y initier des projets socio-économiques, qui étaient pourtant présentés dans les procédures préalables à cette transaction.

Leur but initial, non affiché, était de les revendre, indique Assabah, qui précise que «plusieurs réclamations et des plaintes ont été adressées aux autorités compétentes dans les villes où des terrains lotis ont été cédés à des hommes politiques et à de grands électeurs sur la base de projets d’investissement qui n’ont jamais été réalisés».

Des questions gênantes à propos de «cette nouvelle forme de spéculation foncière» ont également été posées par des députés du Parti de l’Istiqlal (PI) à la Chambre des représentants, alors même que cette activité est régulée, précise le quotidien, «par les dispositions de la loi n°102-21 relative aux zones industrielles qui a été publié au Bulletin Officiel n°7173 du 27 février 2023, [dans le but de] moderniser les infrastructures, lutter contre la spéculation foncière et encourager l’investissement», par le développement de nouvelles zones industrielles adaptées à la demande des investisseurs, ainsi qu’aux différents enjeux attendus dans les régions, et par l’opérationnalisation de la stratégie de la régionalisation avancée dans les différents territoires du Royaume.

Par le360
Le 18/03/2026 à 19h01