Outre le fait qu’ayant une culture rugbystique «sortie de mêlée ouverture aux trois-quarts», j’ai découvert ce qu’était une panenka, la dernière soirée de la CAN m’a encore fait davantage prendre conscience de ce qui sépare le Maroc et l’Algérie. J’avais titré une précédente chronique «Le football, triste révélateur de l’état moral de l’Algérie» dans laquelle j’écrivais que le football met parfois en lumière la véritable âme des peuples. Après le lamentable et scandaleux spectacle offert par l’équipe nationale algérienne le samedi 10 janvier 2026 dernier sur la pelouse, dans les vestiaires et dans la tribune algérienne du Grand stade de Marrakech, je pensais que nous avions tout vu de l’âme profonde de certains Algériens. Je dis bien de «certains» car je refuse l’essentialisme, dont le comportement suant la haine avait donné une bien triste image de leur pays.
Or, ce qui s’est passé après le match de la finale sur lequel je ne reviendrai pas– si ce n’est que l’arbitre avait effectivement sifflé une ou deux secondes avant le but sénégalais annulé, et que, dans la surface de réparation, un joueur marocain avait effectivement été pris au collet–, est proprement stupéfiant. Stupéfiant et unique dans les annales du sport, à savoir qu’un pays étranger au match a célébré, non pas la victoire d’une équipe, mais la défaite d’une autre. En effet, ce n’est pas la victoire qu’il faut saluer du Sénégal que célébrèrent des foules algériennes, mais la défaite du Maroc. Et cela, dans la plupart des villes algériennes et dans les diasporas en Europe. À Paris, ce ne furent pas des supporters marocains déçus qui provoquèrent l’émeute, mais des Algériens qui fêtaient la défaite du Maroc quand les supporters marocains restèrent dignes. Oui, ce fut la défaite du Maroc qui fut accueillie dans la liesse, et non pas la victoire du Sénégal, pays avec lequel l’Algérie n’a pas d’histoire commune, alors que le Maroc et le Sénégal sont deux pays ayant de fortes attaches.
«Le plus grave est que les indécentes manifestations joie de la soirée de dimanche dernier ont montré que le complexe algérien vis-à-vis du Maroc s’est désormais transformé en haine. Une haine que le «Système» algérien oppose à la main tendue par le Maroc.»
— Bernard Lugan
Je ne peux que redire ce que j’ai écrit dans ma précédente chronique, à savoir que de tels comportements sont le révélateur de l’état moral catastrophique d’un pays dont les citoyens sont nourris dans la haine du Maroc et ne l’oublions pas, également de la France. Une hystérisation qui est le fruit de dizaines d’années de propagande, de mise en condition d’une population poussée au paroxysme par un «Système» qui pense assurer ainsi sa survie en offrant un dérivatif à une population paupérisée. Une Algérie dont le moteur est devenu le ressentiment. Une Algérie humiliée diplomatiquement, économiquement, socialement et moralement. Une Algérie qui a réussi à se brouiller avec ses voisins sahéliens, avec les pays arabes, et dont le partenariat historique avec la Russie connaît quelques «turbulences»...
Le plus grave est que les indécentes manifestations joie de la soirée de dimanche dernier ont montré que le complexe algérien vis-à-vis du Maroc s’est désormais transformé en haine. Une haine que le «Système» algérien oppose à la main tendue par le Maroc. Une haine qui porte en elle bien des cataclysmes potentiels tant son niveau atteint des sommets. Une haine qui semble sceller la mort de l’unité maghrébine. Mais, le plus inquiétant, est que cette haine pourrait être utilisée par les janissaires de l’odjak acculés par le réel, afin de prolonger leur survie politique.





