À quelques mois des législatives, Nabil Benabdellah appelle au rassemblement de la gauche

Nabil Benabdellah, secrétaire général du Parti du progrès et du socialisme (PPS). . DR

Revue de presseÀ l’approche des législatives d’octobre, Nabil Benabdallah, secrétaire général du Parti du progrès et du socialisme (PPS), lance une initiative audacieuse: transcender les alliances électorales conjoncturelles pour poser les jalons d’un pôle progressiste pérenne. Une proposition qui, au-delà des contraintes temporelles, aspire à rééquilibrer le jeu partisan, qui se heurte à un lourd héritage de divergences politiques et structurelles. Cet article est une revue de presse tirée d’Al Ahdath Al Maghribia.

Le 23/02/2026 à 18h25

À six mois des élections législatives, Nabil Benabdallah, secrétaire général du Parti du progrès et du socialisme (PPS), relance l’idée d’une unification des forces de la gauche, présentée non comme une simple manœuvre électorale, mais comme un choix stratégique majeur, visant à dépasser la logique des alliances circonstancielles. Pour le leader du PPS, l’objectif est d’édifier «un pôle progressiste suffisamment robuste pour restaurer un équilibre au sein du champ partisan marocain», relaie Al Ahdath Al Maghribia de ce mardi 24 février.

Cette proposition ne se mesure pas seulement «à l’aune du facteur temps ou d’étroits calculs électoraux», signale le quotidien, mais se confronte aussi à «un legs complexe de disparités organisationnelles et de dissensions politiques historiques». Qualifiant cette unité de «passage obligé pour la construction d’une alternative progressiste capable de reprendre l’initiative», Nabil Benabdallah a présenté sa vision lors d’une récente rencontre ayant réuni les leaders de différents partis politiques. Ces déclarations s’inscrivent dans un contexte de réflexion interne renouvelée au PPS sur son positionnement et son influence dans le paysage politique actuel, indique le quotidien.

Le secrétaire général du PPS insiste sur le fait que son initiative ne saurait se réduire à une alliance pré-électorale. Son ambition? «Impulser un dialogue ouvert et constructif entre l’ensemble des forces de la gauche et progressistes, afin de jeter les bases d’un socle politique commun», a-t-il expliqué, «un socle qui serait articulé autour de questions fondamentales telles que la consolidation de la démocratie, la quête de justice sociale, la lutte contre les disparités territoriales, et la préservation des droits et libertés». Nabil Benabdellah a affirmé que son parti déploierait «tous les efforts nécessaires à la réussite de cette dynamique, y voyant une étape décisive vers la constitution d’un front de gauche influent», indique le quotidien. Objectif ultime: parvenir à des «candidatures conjointes» susceptibles de maximiser les chances de la gauche dans la conquête des suffrages.

Pour le secrétaire général du PPS, ce parti mise sur les rencontres d’usage au cours de ce mois de Ramadan pour favoriser un rapprochement de points de vue entre les différentes factions de gauche. Aussi, Nabil Benabdellah a-t-il lancé un appel aux dirigeants de ces partis pour la tenue d’une série de réunions, afin de débattre des modalités et du contenu de cette «alternative démocratique». Il s’agirait de définir les mécanismes d’une action commune dans les circonscriptions électorales, en faisant «table rase des préalables et des contentieux du passé», écrit Al Ahdath Al Maghribia.

Selon le secrétaire général du PPS, la proposition d’une alternative démocratique repose sur trois piliers essentiels: «le constat d’une dispersion organisationnelle qui a historiquement affaibli la présence électorale de la gauche, l’élaboration d’un programme minimum commun pour encadrer et orienter l’action politique collective et la transition d’une logique de coordination ponctuelle vers un projet d’intégration plus poussé, voire la création d’un front politique plus stable et structuré».

L’appel de Nabil Benabdallah intervient dans un climat politique marqué par plusieurs signes de déséquilibres: la prédominance manifeste des partis de la majorité dans les institutions, un recul de la représentation parlementaire des forces de gauche, et une faiblesse constatée dans la capacité de mobilisation et d’organisation de certaines composantes progressistes.

Par Hassan Benadad
Le 23/02/2026 à 18h25