Les échanges, qui ont duré six heures, «ont été très tendus» mardi a déclaré une source proche de la délégation russe, précisant que les négociations devaient reprendre le lendemain.
Les trois délégations s’étaient retrouvées à huis clos à l’hôtel InterContinental, tandis que des «conseillers» de quatre pays européens, l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni et l’Italie, étaient également présents à Genève.
«À la suite de la séance plénière, les travaux se sont poursuivis en groupes par domaines prioritaires» avec des réunions des «blocs politiques et militaire», a indiqué l’un des négociateurs ukrainiens, Roustem Oumerov, sur Telegram, précisant que les négociations devaient reprendre mercredi.
L’ex-ministre ukrainien de la Défense a précisé avoir rendu compte de ces travaux «au cours d’une réunion séparée aux représentants des partenaires américains et européens».
Pression américaine
Les parties travaillent sur la base du plan américain dévoilé il y a plusieurs mois, qui prévoit notamment des concessions territoriales de la part de l’Ukraine en échange de garanties de sécurité occidentales.
Les négociations bloquent toutefois sur le sort du Donbass, le grand bassin industriel de l’est de l’Ukraine: Moscou réclame que les forces ukrainiennes se retirent des zones qu’elles contrôlent encore dans la région de Donetsk, ce que Kiev refuse.
Les discussions de Genève font suite à deux récentes sessions de pourparlers à Abou Dhabi, aux Emirats arabes unis, qui n’avaient pas débouché sur de grands progrès.
L’émissaire de la Maison Blanche Steve Witkoff a cependant salué mercredi l’avancée représentée par la poursuite de ce processus de négociation rassemblant Russes et Ukrainiens.
«Le succès du président Trump à réunir ensemble les deux parties de cette guerre a apporté un progrès significatif», a indiqué sur X le négociateur après une première journée de pourparlers.
«Les deux parties sont convenues d’informer leurs dirigeants respectifs et de continuer à travailler en vue d’un accord», a-t-il ajouté.
Donald Trump fait pression pour obtenir un dénouement diplomatique du conflit déclenché par l’invasion russe de l’Ukraine, en février 2022.
«L’Ukraine ferait mieux de venir à la table des discussions, et rapidement», a répété lundi soir le président américain, après avoir appelé la semaine dernière son homologue ukrainien à «se bouger», assurant que la Russie voulait «conclure un accord».
Concessions demandées à Kiev
Volodymyr Zelensky a pour sa part mis en doute à de multiples reprises la volonté du Kremlin de négocier.
Le président ukrainien a estimé qu’il n’était «pas juste» que le président Trump appelle l’Ukraine et non la Russie à faire des concessions pour obtenir la paix, dans une interview au média américain Axios.
Il a dit espérer que cette pression redoublée sur Kiev «soit juste sa tactique et pas une décision».
Samedi, en marge de la Conférence sur la Sécurité de Munich, le chef de l’Etat ukrainien a de nouveau exclu, à ce stade, de céder des territoires à la Russie, qui occupe mi-février 19,5% du territoire ukrainien.
Selon la politologue Tatiana Stanovaïa, le choix d’un conseiller du Kremlin, l’historien nationaliste Vladimir Medinski, pour mener la délégation russe à Genève, illustre le «retour des exigences politiques au centre des discussions».
La Russie avait précédemment réclamé une réduction de la taille de l’armée ukrainienne et un engagement de l’Ukraine à ne pas entrer dans l’Otan.
Quelques heures avant le début des entretiens à Genève, la Russie a à nouveau massivement bombardé l’Ukraine, tirant 396 drones et 29 missiles au cours de la nuit de mardi à mercredi.
«Il s’agissait d’une frappe combinée, délibérément calculée pour causer autant de dégâts que possible à notre secteur énergétique», a dénoncé le président Volodymyr Zelensky, évoquant le «mépris de la Russie pour les efforts de paix».
Cette attaque a fait neuf blessés et laissé «des dizaines de milliers de personnes» sans eau ni chauffage en plein hiver à Odessa, le grand port du sud de l’Ukraine, a-t-il souligné.
Un drone russe a par ailleurs provoqué mardi matin la mort de trois employés d’une centrale électrique à Sloviansk, dans l’est de l’Ukraine, ont annoncé les autorités.
Pour faire pression sur Kiev, sur fond de négociations, la Russie multiplie depuis des semaines les frappes dévastatrices sur les infrastructures ukrainiennes.








