Un jury californien a jugé vendredi qu’Elon Musk avait trompé des actionnaires de Twitter lors de son rachat chaotique du réseau social en 2022, mais a rejeté l’accusation de manœuvre frauduleuse délibérée pour faire baisser le cours de l’action, selon le verdict consulté par l’AFP.
Quelques minutes après l’annonce du jugement, les avocats de l’entrepreneur ont fait savoir à l’AFP que leur client entendait faire appel de la décision, qu’ils ont qualifié de «contretemps».
A federal jury in San Francisco found on Friday, March 20, 2026, that Elon Musk misled Twitter shareholders by disparaging the company in 2022 to drive down its stock price.
— IDEA TV (@ideatelevision) March 21, 2026
The verdict concluded a three-week class action securities trial, Pampena v. Musk, where investors… pic.twitter.com/INsQCHNrbz
Après trois semaines d’un procès civil marqué par le témoignage en personne de l’homme le plus riche du monde, qui avait racheté Twitter en octobre 2022 pour 44 milliards de dollars, le jury d’un tribunal fédéral de San Francisco a estimé que deux tweets publiés par le patron de Tesla en mai 2022 contenaient des déclarations mensongères responsables de la baisse du cours de Twitter.
Les dommages, qui doivent encore être déterminés, sont évalués à 2,6 milliards de dollars par les avocats des plaignants, a indiqué à l’AFP Mark Molumphy, l’un d’entre eux.
Ironie du sort, la décision est intervenue quasiment vingt ans jour pour jour après le premier tweet de l’histoire, publié par le cofondateur du groupe à l’oiseau bleu, Jack Dorsey, le 21 mars 2006.
Le jugement constitue une rare défaite judiciaire pour Elon Musk, souvent surnommé «Teflon Elon» pour sa capacité à sortir indemne de procès que beaucoup le voyaient perdre. Ses avocats ont d’ailleurs rappelé cet état de fait à l’AFP, souligné qu’un tribunal texan l’avait encore exonéré vendredi dans une procédure en diffamation.
Poussés à la vente
En 2023, un jury du même tribunal fédéral de San Francisco l’avait exonéré en quelques heures d’accusations similaires portées par des actionnaires de Tesla, après qu’il avait tweeté en 2018 avoir les fonds pour racheter le constructeur automobile.
Le patron de Twitter - devenu X -, qui publie chaque jour de nombreux messages sur la plateforme, n’a pas réagi immédiatement à ce verdict, dont il peut faire appel.
Le procès a largement tourné autour des affirmations d’Elon Musk sur le nombre de faux comptes sur Twitter.
Il avait soutenu que la plateforme comptait bien plus de comptes spam et automatisés que les 5% déclarés dans ses documents réglementairement, utilisant ce qu’il présentait comme une tromperie de Twitter pour justifier sa tentative de se retirer de l’accord.
Après le premier message posté sur la plateforme à ce sujet par Elon Musk, en mai 2022, le cours du titre avait chuté de 17% en deux séances, poussant certains actionnaires à vendre.
A California jury largely sided with Twitter shareholders who accused billionaire Elon Musk of making false statements and intentionally driving down the social media company’s stock ahead of his $44 billion acquisition in 2022. But they absolved Musk of claims of engaging in a…
— CNN (@CNN) March 20, 2026
Les plaignants, eux, soutenaient que ces déclarations faisaient partie d’un plan visant à faire pression sur le conseil d’administration pour obtenir un prix inférieur à son offre initiale, alors que le cours de l’action Tesla chutait et rendait le financement de l’opération plus prudente.
Après que Musk avait tenté de se désengager, Twitter l’avait poursuivi en justice dans le Delaware pour le contraindre à honorer l’accord. Peu avant l’ouverture de ce procès, Musk avait fait volte-face et accepté de payer le prix d’origine, avant de renommer la plateforme X.
Certains actionnaires ont ainsi cédé leurs titres avec une décote de plus de 30% par rapport au prix finalement payé par Elon Musk.
Premier homme à dépasser, l’an dernier, la barre des 500 milliards de dollars de fortune personnelle estimée, Elon Musk possède un patrimoine évalué, début mars, à 839 milliards de dollars, selon le magazine Forbes, essentiellement un cumul de la valeur actuelle de ses actions dans Tesla et SpaceX.








