Plan Trump pour Gaza: l’étape 2 lancée, entre avancées fragiles et blocages persistants

Les autorités de Gaza déploient des forces de police après le retrait de l'armée israélienne de la zone de Falaja, dans le nord de la bande de Gaza, alors que les attaques israéliennes se poursuivent. (Photo: Fadi Alwhidi - Agence Anadolu)

Le plan soutenu par Washington pour mettre fin à la guerre à Gaza est entré dans sa deuxième phase avec la création d’un comité palestinien de gouvernance et la formation d’un Conseil de la paix présidé par Donald Trump, mais aussi nombre de questions en suspens.

Le 16/01/2026 à 06h29

Alors que les tirs restent quotidiens dans le territoire palestinien, les points les plus litigieux portent sur le désarmement du Hamas et le retrait des troupes israéliennes, prévus par l’accord de cessez-le-feu.

À quel stade en est le processus de paix après l’annonce mercredi par les États-Unis du passage à une nouvelle étape?

Avancées et failles

La première phase du plan de 20 points du président américain Donald Trump a débuté avec l’entrée en vigueur, le 10 octobre, d’un cessez-le-feu, qui devait permettre l’afflux d’aide humanitaire et le retour des otages enlevés lors de l’attaque du Hamas en Israël le 7 octobre 2023.

Tous les captifs, vivants ou morts, ont été rendus à Israël, à l’exception de la dépouille du policier Ran Gvili.

Israël accuse le Hamas de retarder la remise de son corps, le mouvement islamiste palestinien affirmant peiner à le retrouver en raison des destructions massives à Gaza et faute de matériel.

La famille avait exhorté les médiateurs à attendre le retour de sa dépouille. «Avons-nous abandonné?» a lancé sa sœur, Shira Gvili, après l’annonce américaine.

Sans la commenter, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a déclaré que les efforts pour récupérer la dépouille se poursuivraient.

Le Hamas accuse de son côté Israël de violations répétées du cessez-le-feu, notamment par des frappes aériennes, des tirs sur des civils et l’avancée de la «ligne jaune», qui délimite la zone contrôlée par les troupes israéliennes.

Un total de 451 Palestiniens ont été tués depuis le 10 octobre, selon le ministère de la Santé du gouvernement du Hamas. L’armée israélienne a fait état de trois soldats tués.

Les ONG opérant à Gaza accusent Israël –qui dément– d’entraver l’entrée de l’aide.

Dans le territoire palestinien dévasté par deux ans de guerre, dont les frontières et points d’accès restent sous contrôle israélien, les correspondants de l’AFP constatent chaque jour de graves pénuries de nourriture, d’eau potable, de médicaments et de carburant.

Selon l’émissaire américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, la phase deux doit mener à «la reconstruction» de la bande de Gaza.

Mais des habitants, des humanitaires, ainsi que le Hamas, déplorent régulièrement le manque de mesures concrètes permettant d’amorcer ce chantier titanesque.

L’ONU a souligné jeudi l’urgence d’agir face à la «destruction totale» à Gaza, décrivant des habitants vivant dans des conditions «inhumaines».

Désarmement et gouvernance

Dans le cadre de la deuxième phase, Gaza doit être administrée par un comité technocratique palestinien de 15 membres opérant sous la supervision du Conseil de la paix, un organe présidé par M. Trump.

Le président américain a annoncé jeudi que ce Conseil de la paix avait été formé et que la liste de ses membres serait «bientôt dévoilée», selon un message publié sur son réseau Truth Social.

Les membres du comité palestinien sont pour leur part arrivés jeudi en Égypte pour «préparer leur entrée» dans la bande de Gaza, a indiqué la télévision d’État égyptienne.

«La balle est désormais dans le camp des médiateurs, du garant américain et de la communauté internationale pour donner les moyens au comité», a estimé un responsable du Hamas, Bassem Naïm, dans un communiqué publié jeudi.

La veille, après l’annonce d’un accord pour la formation de cet organe, les médiateurs (Égypte, Turquie, Qatar) avaient indiqué qu’il serait présidé par Ali Shaath, ancien vice-ministre de l’Autorité palestinienne.

Ce dernier a déclaré que le comité s’appuierait sur «des cerveaux plutôt que des armes» et ne coordonnerait pas son action avec des groupes armés.

En écho à des déclarations du président américain, M. Witkoff a en outre évoqué une «démilitarisation complète» de la bande de Gaza.

Le Hamas a plusieurs fois déclaré ne pas être opposé à rendre une partie de son arsenal, mais uniquement dans le cadre d’un processus politique palestinien. Son ancien numéro un, Khaled Mechaal, a aussi évoqué un «gel» ou un «stockage» des armes. Mais aucune de ces options n’est acceptable pour Israël.

Le plan Trump prévoit le déploiement d’une Force internationale de stabilisation (FIS) chargée d’aider à sécuriser Gaza et de former des unités de police palestiniennes.

Mais malgré un soutien européen, la clarté manque sur la formation et la composition de cette force.

Pour les Palestiniens, la question centrale demeure le retrait militaire total d’Israël de la bande de Gaza, prévu à terme, mais auquel s’opposent des responsables israéliens, en l’absence à ce stade de tout calendrier.

Au vu de ces désaccords, des diplomates interrogés par l’AFP estiment que la mise en œuvre effective de la deuxième phase dépendra de la capacité des médiateurs à convaincre les deux parties de dépasser leurs lignes rouges.

Par Le360 (avec AFP)
Le 16/01/2026 à 06h29