L’extrême droite, en tête dans les intentions de vote pour la succession du président Emmanuel Macron en 2027, s’est imposée dans plusieurs villes moyennes du sud comme Castres ou Carcassonne, mais n’est pas parvenue à remporter de grands trophées comme Toulon, Nîmes ou Marseille.
La plupart des quelque 35.000 communes de France avaient désigné leurs élus lors d’un premier tour le 15 mars, mais le scrutin a nécessité un second tour dans environ 1.500 d’entre elles.
Large vainqueur dans la capitale, le socialiste Emmanuel Grégoire, 48 ans, ancien premier adjoint de la maire sortante Anne Hidalgo, a célébré sa victoire en rejoignant, tout sourire, l’Hôtel de Ville à bord d’un vélo en libre service.
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— Emmanuel Grégoire (@egregoire) March 22, 2026
En le choisissant pour mener le cinquième mandat socialiste dans la capitale depuis 2001, «Paris a décidé de rester fidèle à son histoire», a-t-il lancé après sa victoire avec 50,52% des voix.
Sa rivale, l’ancienne ministre de droite Rachida Dati, n’a rassemblé que 41,52% malgré le ralliement du candidat de centre-droit et le désistement de la candidate d’extrême droite.
À l’annonce des résultats, plusieurs centaines de sympathisants ont explosé de joie, scandant «Paris reste à gauche!».
Le nouveau maire de Paris a fait de sa victoire un symbole à un an de la présidentielle.
Marseille reste à gauche
«La bataille de France sera violente», a-t-il prédit, en affirmant que «Paris sera le coeur de la résistance» à l’union de la droite et de l’extrême droite.
À Marseille (sud-est), le maire sortant de gauche Benoît Payan, qui s’était posé en rempart face au parti d’extrême droite Rassemblement national (RN) arrivé «aux portes de la ville» lors du premier tour, l’a également largement emporté.
Après un coude-à-coude au premier tour, il a obtenu 54,34% des voix, 14 points devant son rival d’extrême droite Franck Allisio qui a lui-même écrasé la candidate de la droite et du centre.
Cette «ville que d’aucuns croyaient perdue, que d’aucuns croyaient acquise au Rassemblement national, a montré son plus beau visage ce soir, qu’elle était capable de résister, qu’elle était capable, encore une fois, de rester unie», a réagi M. Payan, ému.
La gauche a également conservé Lyon (centre-est), la troisième ville du pays où le maire écologiste Grégory Doucet l’a emporté de justesse (50,67% des voix) face à l’ancien patron du club de football de l’Olympique lyonnais Jean-Michel Aulas (49,33%), longtemps favori des sondages. Ce dernier à dénoncé des «irrégularités» et a annoncé déposer un recours.
«Dizaines» de communes à l’extrême droite
À peine réélu dans sa ville du Havre (ouest), l’ancien Premier ministre Edouard Philippe, candidat déjà déclaré pour la présidentielle de 2027, s’est lui aussi immédiatement projeté dans la course des 13 prochains mois.
«Il y a des raisons d’espérer quand tous ceux de bonne volonté se rassemblent dans un discours de vérité et qu’ils écartent les extrêmes et leur facilité», a-t-il déclaré devant ses partisans.
Le RN, devenu le premier parti de France aux élections législatives de 2024, a ajouté de nombreuses victoires, après les 24 revendiquées au premier tour, mais se heurte toujours à un «plafond de verre» dans les grandes villes.
Sa cheffe de file Marine Le Pen a affirmé que le parti l’a emporté dans des «dizaines» de communes, dont Carcassonne (sud-ouest), Menton et Cannes (sud-est).
«Jamais le RN et ses alliés n’ont compté autant d’élus sur le territoire français. Dans plusieurs dizaines de communes. Nous sommes appelés à faire nos preuves (...). Ces succès ne sont pas un aboutissement, mais un commencement», a déclaré Jordan Bardella, le président du RN, annoncé en tête dans les sondages pour le premier tour de l’élection présidentielle en 2027.
Un de ses alliés, le transfuge de la droite Eric Ciotti, l’a emporté à Nice (sud-est), la cinquième ville de France.
À gauche, des alliances locales controversées entre socialistes et écologistes avec la gauche radicale - alors que le chef du Parti socialiste avait exclu tout «accord national» - n’ont pas été payantes, comme à Toulouse (sud-ouest), quatrième ville de France, où le maire de droite Jean-Luc Moudenc a été confortablement réélu.
Ce scrutin traditionnellement mobilisateur a été marqué par une participation historiquement basse d’environ 57%, selon les instituts de sondage.








