La veille, le patron d’OpenAI, Sam Altman, avait déclaré que cette technologie en plein essor avait un besoin urgent de régulation, alors que grandissent les inquiétudes quant à son impact sur la société et l’environnement.
«Nous fonçons dans l’inconnu. L’innovation liée à l’IA avance à la vitesse de la lumière et dépasse notre capacité collective à la comprendre et encore plus à la gouverner», a affirmé vendredi le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres, devant le sommet mondial sur l’IA.
Il a confirmé que l’Assemblée générale des Nations unies avait validé la création d’une commission, appelée «Panel scientifique international indépendant sur l’intelligence artificielle», qui comprendra 40 scientifiques.
Cet organe consultatif — qui ambitionne d’être pour l’IA ce que le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) est pour le réchauffement climatique — a été créé en août.
Besoin «de régulation»
«Si nous voulons que l’IA serve l’humanité, notre politique ne peut se fonder sur des paris, sur du battage ou de la désinformation. Nous avons besoin de faits que nous pouvons croire et partager», a insisté M. Guterres, quelques heures avant la clôture du sommet.
La veille, Sam Altman, directeur général d’OpenAI, célèbre pour son agent conversationnel d’intelligence artificielle ChatGPT, avait souligné le besoin «de régulation ou de protection».
«Nous en avons besoin d’urgence, comme pour n’importe quelle autre technologie d’une telle puissance», a-t-il ajouté.
Des dizaines de dirigeants et de ministres ont participé au «Sommet pour l’action sur l’IA» qui s’est ouvert jeudi.
Il doit se conclure par une déclaration commune mais il est difficile de savoir ce que ce texte comportera. Les trois précédentes éditions avaient abouti à quelque chose de vague.
Jusqu’à présent, le gouvernement américain refuse d’encadrer les accès et les contenus sur les plateformes, au nom de la liberté d’expression notamment.
Le «Sommet pour l’action sur l’IA» à New Delhi était le plus important sommet à ce jour, avec des dizaines de milliers de participants et visiteurs, et le premier à se tenir dans un pays en développement.
Outre une vingtaine de dirigeants politiques venus du monde entier, des patrons de la tech, parmi lesquels le directeur général de Google, Sundar Pichai ou Jensen Huang, dirigeant de Nvidia, le géant américain des microprocesseurs, y ont participé.
Le prochain se tiendra à Genève au premier semestre 2027, a indiqué jeudi le président suisse Guy Parmelin.
Le développement de l’IA nourrit toutes les inquiétudes quant à son impact sur l’environnement, l’emploi, la création artistique, l’éducation ou l’information.
Jeudi, les dirigeants ont plaidé pour que soit garanti un accès universel à cette technologie. Le Premier ministre indien Narendra Modi a ainsi appelé à ce que cette technologie soit «accessible et inclusive».
Avec ses 1,4 milliard d’habitants, le pays le plus peuplé de la planète a profité de ce coup de projecteur pour afficher ses ambitions. New Delhi a dit espérer dans les deux ans un total de 200 milliards de dollars d’investissements d’entreprises sur son sol, notamment pour des projets d’IA.
Les géants mondiaux de la tech ont aussi profité de l’occasion pour faire part de nouveaux accords, ainsi que des investissements et projets d’infrastructures pour ce pays d’Asie du Sud en passe de devenir la quatrième économie mondiale.
L’Inde a «rejoint» officiellement «Pax Silica», le groupe de pays constitué par les Etats-Unis pour assurer la sécurité de leurs approvisionnements en matériaux et technologiées liées à l’intelligence artificielle (IA), a déclaré Jacob Helberg, sous-secrétaire d’Etat américain aux affaires économiques, lors du sommet.







