Koweït: la raffinerie de Mina Al-Ahmadi ciblée par des drones, le Golfe sous tension énergétique

Les pompiers tentent d'éteindre l'incendie qui s'est déclaré à la raffinerie de pétrole de Mina al-Ahmadi, au Koweït, le 14 janvier 2022. (Photo: AP)

Un incendie s’est déclaré vendredi dans une raffinerie de la compagnie pétrolière nationale du Koweït après des attaques de drones, a indiqué l’agence de presse officielle koweïtienne.

Le 20/03/2026 à 07h33

«La raffinerie Mina Al-Ahmadi, appartenant à la Kuwait National Petroleum Company (KNPC) a été la cible tôt ce matin de plusieurs attaques hostiles de drones, provoquant des incendies dans certaines de ses unités», selon l’agence de presse officielle koweïtienne, après une attaque la veille sur cette infrastructure qui avait déjà provoqué un incendie.

En représailles à l’offensive conjointe des États-Unis et d’Israël débutée le 28 février, Téhéran a intensifié ces derniers jours ses frappes sur les infrastructures énergétiques des pays du Golfe.

L’attaque de vendredi sur la raffinerie Mina Al-Ahmadi n’a pas fait de victime mais a entraîné la fermeture de plusieurs unités du site, tandis que les pompiers tentent de contenir l’incendie, selon l’agence officielle koweïtienne.

Dans les autres pays du Golfe, les Émirats arabes unis ont dit vendredi répondre à des attaques de missiles et de drones, et le Bahreïn avoir maîtrisé l’incendie d’un entrepôt causé par des éclats provenant d’une «agression iranienne».

En Arabie saoudite, le ministre de la Défense saoudien a dit qu’en l’espace de deux heures, plus d’une douzaine de drones ont été «interceptés et détruits» dans l’est du pays et un autre dans le nord.

Selon plusieurs sources sécuritaires régionales, ces attaques coordonnées marquent une nouvelle étape dans l’escalade des tensions entre l’Iran et ses adversaires, en élargissant le champ des frappes au-delà des zones traditionnellement visées. La raffinerie de Mina Al-Ahmadi, l’une des plus importantes du Koweït, joue en effet un rôle stratégique dans l’exportation du pétrole brut et des produits raffinés, ce qui en fait une cible de choix dans un contexte de guerre d’influence énergétique.

Les autorités koweïtiennes ont affirmé que les systèmes de sécurité du site avaient permis de limiter l’ampleur des dégâts, précisant que les équipes techniques étaient à pied d’œuvre pour rétablir progressivement les unités affectées.

Un responsable du secteur pétrolier a indiqué sous couvert d’anonymat que «les opérations essentielles n’ont pas été totalement interrompues, mais la production pourrait être réduite temporairement».

Dans un communiqué distinct, la Kuwait National Petroleum Company a assuré que la situation était «sous contrôle», tout en soulignant que la priorité restait la sécurité du personnel et la protection des installations. Les autorités n’ont toutefois pas précisé le mode de pénétration des drones dans l’espace aérien koweïtien, laissant planer une incertitude sur les capacités de défense anti-aérienne du pays.

Sur le plan régional, ces attaques simultanées contre plusieurs infrastructures énergétiques ravivent les craintes d’une perturbation des marchés pétroliers mondiaux. Des analystes estiment que même des dommages limités peuvent avoir un impact psychologique sur les prix, dans un contexte déjà marqué par une forte volatilité. «Chaque incident de ce type alimente l’incertitude et renforce la perception d’un risque systémique dans la région du Golfe», note un expert basé à Dubaï.

Alors que les appels à la désescalade se multiplient au sein de la communauté internationale, les développements récents suggèrent au contraire une intensification du cycle des représailles. La multiplication des attaques par drones, difficiles à intercepter et relativement peu coûteuses, semble redessiner les formes du conflit, en visant désormais directement les infrastructures vitales plutôt que les seuls objectifs militaires.

Cette série d’attaques met aussi sous pression les États du Golfe, contraints de renforcer en urgence la surveillance de leurs installations les plus sensibles.

Dans plusieurs capitales de la région, les autorités ont relevé le niveau d’alerte autour des terminaux pétroliers, des raffineries et des zones de stockage, de crainte d’autres opérations menées selon le même mode. La menace, diffuse et mobile, complique la riposte.

Au-delà du seul impact matériel, c’est la vulnérabilité de l’architecture énergétique du Golfe qui se trouve de nouveau exposée. En visant des sites névralgiques, ces frappes rappellent que la confrontation régionale ne se joue plus seulement sur les fronts militaires classiques, mais aussi dans la capacité à déstabiliser les circuits d’approvisionnement, à peser sur les marchés et à installer un climat d’insécurité durable.

Par Le360 (avec AFP)
Le 20/03/2026 à 07h33