Le président américain menace depuis plusieurs jours de viser les centrales électriques iraniennes pour accélérer la réouverture du détroit d’Ormuz, artère névralgique du commerce mondial d’hydrocarbures.
Donald Trump a fait savoir sur son réseau Truth Social qu’il suspendait «à la demande du gouvernement iranien (...) pour dix jours la destruction de centrales électriques, jusqu’au lundi 6 avril à 20H00, heure de Washington».
«Les discussions se poursuivent et, contrairement à ce que disent les médias menteurs (...), elles se passent très bien», a-t-il ajouté.
Son chef de la diplomatie Marco Rubio est arrivé en France vendredi, selon un journaliste de l’AFP, pour le second jour d’une réunion du G7, au cours de laquelle il devrait pousser ses homologues à aider à la réouverture du détroit d’Ormuz.
C’est pour forcer l’accès à cette voie névralgique du commerce mondial d’hydrocarbures que le président américain a menacé de détruire les centrales électriques en Iran.
Après quasiment quatre semaines d’une guerre qui embrase le Moyen-Orient et fait flamber les cours du pétrole, l’Iran ne plie pas tandis que Washington semble chercher une porte de sortie diplomatique.
"As per Iranian Government request, please let this statement serve to represent that I am pausing the period of Energy Plant destruction by 10 Days to Monday, April 6, 2026, at 8 P.M., Eastern Time. Talks are ongoing and, despite erroneous statements to the contrary by the Fake… pic.twitter.com/LEURAJnRta
— The White House (@WhiteHouse) March 26, 2026
En Israël, l’opposition a signalé la fin du consensus politique sur la conduite de la guerre, son chef Yaïr Lapid dénonçant une guerre «sur plusieurs fronts sans stratégie» et avec «beaucoup trop peu de soldats».
Le pays, qui a enclenché l’offensive contre l’Iran au côté des États-Unis le 28 février, mène également des frappes et opérations terrestres dans le Liban voisin, contre le mouvement Hezbollah, allié de Téhéran. Des explosions ont retenti tôt vendredi matin dans le sud de Beyrouth, a constaté l’AFP.
Le porte-parole de Tsahal Effie Defrin a reconnu jeudi soir que l’armée avait besoin de «forces supplémentaires».
Israel’s military says it is facing a significant troop shortage as it continues operations across multiple fronts, highlighting growing strain on its armed forces.
— MMI News (@MimiMefoInfo) March 27, 2026
Military spokesperson Brig. Gen. Effie Defrin said Thursday that the army needs around 15,000 additional soldiers… pic.twitter.com/xnNvQ8Mdrm
«Bonnes personnes»
Depuis le début de la semaine, des efforts diplomatiques ont été déployés par les États-Unis pour faire taire les armes.
Washington a présenté à l’Iran, via le Pakistan, une proposition en 15 points.
U.S. Special Envoy for the Gulf Steve Witkoff has revealed that Washington sent a set of 15 points to Iran through Pakistan, underscoring Islamabad’s role as a key communication channel. This also reflects a level of trust from Tehran, as sensitive exchanges are being facilitated… pic.twitter.com/FTUAoRPJhx
— The Strategic Insight (@Strategicprism0) March 27, 2026
Si Téhéran refuse d’utiliser à ce stade le terme de «discussion», une source anonyme, citée par l’agence de presse Tasnim, a indiqué jeudi que l’Iran avait transmis «officiellement» une réponse au plan américain «à travers des intermédiaires». Il a fixé des conditions à une cessation des hostilités et attend désormais «un retour de l’autre partie».
L’exécutif américain a vu d’un bon oeil le passage de plusieurs pétroliers dans le détroit d’Ormuz, par lequel transite en temps normal un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole et gaz naturel liquéfié, et bloqué de facto par l’Iran depuis plusieurs semaines.
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L’Iran a laissé passer «dix navires», a assuré Donald Trump, jugeant que ce geste montrait que son administration «négociait avec les bonnes personnes» en Iran.
Les États du Golfe, où les infrastructures énergétiques et les intérêts américains sont régulièrement ciblés, ont demandé à participer au processus de négociation.
Ils entendent «contribuer au renforcement de leur sécurité et de leur stabilité», selon Jassem Al-Budaiwi, secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (Arabie saoudite, Emirats arabes unis, Bahreïn, Qatar, Koweït et Oman).
#Gulf countries say that they wanted to be involved in any talks between the #US and #Iran.
— ShanghaiEye🚀official (@ShanghaiEye) March 27, 2026
"We emphasise the necessity of involving the GCC countries in any talks or agreements to resolve this crisis, in a way that contributes to strengthening their security and stability and… https://t.co/TXrLMlgMLj pic.twitter.com/9jGgiOj3gg
Israël, silencieux sur ces discussions, poursuit pendant ce temps ses opérations militaires et assassinats de haut responsables iraniens.
Dernier en date, celui du chef de la marine des Gardiens de la Révolution, Alireza Tangsiri, décrit par le ministre israélien de la Défense Israël Katz comme «directement responsable du minage et du blocage du détroit d’Ormuz».
Téhéran n’a pas confirmé l’information.
Israël essuie aussi des attaques. Un homme a été tué jeudi dans le nord d’Israël à la suite de tirs en provenance du Liban voisin.
L’armée israélienne «avance un peu plus chaque jour, mais lentement» dans la zone frontalière entre les deux pays, a rapporté à l’AFP une source militaire sur le terrain.
Selon des sources officielles libanaises, les frappes israéliennes ont fait un millier de morts et un million de déplacés.












