Les craintes des étudiants étrangers en France se confirment. Suite à l’adoption du projet de loi de finances le 2 février par l’Assemblée nationale, les mesures restrictives qui les visaient sont désormais une réalité.
Parmi les dispositions les plus redoutées du projet de loi de finances — qui doit encore être examiné par le Conseil constitutionnel en juin avant sa promulgation — figure la suppression des aides personnelles au logement (APL). C’est désormais acté: à compter de juillet 2026, ces allocations cruciales, dont le montant oscille entre 100 et 250 € par mois, seront supprimées pour les étudiants extra-communautaires non boursiers. Sont ainsi visés les ressortissants étrangers ne provenant ni de l’Union européenne, ni de l’Espace économique européen (Suisse, Norvège, Islande, Liechtenstein).
En revanche, les étudiants issus de l’UE/EEE et de Suisse, ainsi que les boursiers de toutes nationalités, demeurent éligibles. Pour ces derniers, une perspective plus favorable se dessine: les aides au logement (APL, ALS, etc.) bénéficieront d’une revalorisation indexée sur l’inflation dès la rentrée 2026, permettant ainsi de compenser partiellement la hausse du coût de la vie.
Des augmentations en série à venir
Si cette mesure est vivement contestée par les syndicats étudiants, elle permettrait d’économiser environ 200 millions d’euros, soit près de 1% du budget total des APL, selon les estimations de la commission des finances du Sénat.
Toutefois, au-delà de cette suppression qui pèsera lourdement sur le budget des étudiants étrangers non boursiers, l’article 30 du projet de loi de finances prévoit également le renforcement de la fiscalité applicable aux ressortissants étrangers en France. Parmi les dispositions déjà annoncées figure une hausse significative des taxes et droits de timbre liés à la délivrance et au renouvellement des titres de séjour.
Lire aussi : De 200 à près de 4.000 euros l’année: La Sorbonne met sous pression les étudiants marocains
Ainsi, les frais de demande d’accès à la nationalité française passeront de 55 € à 255 €. Par ailleurs, une hausse de 100 € sera appliquée aux cartes de séjour et visas, tandis qu’une nouvelle taxe de 40 € sera instaurée pour l’échange d’un permis de conduire étranger contre un titre français.
L’adoption de ces mesures intervient quelques semaines seulement après la décision de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne de réviser ses droits d’inscription pour les étudiants extra-communautaires. Lors de son conseil d’administration du 1er décembre 2025, l’établissement a voté une hausse sans précédent: les frais annuels passeront de 178 € à 2.895 € en Licence, et de 254 € à 3 941 € en Master, soit une multiplication par seize des tarifs actuels.
Cette décision accentue la pression financière sur les étudiants marocains et, plus largement, sur ceux originaires de pays non européens ne figurant pas sur la liste des 44 pays les moins avancés (PMA) établie par l’ONU.







