États-Unis: un instructeur militaire tué dans une attaque qualifiée de «terrorisme» dans une université de Virginie

Arrivée des forces de l'ordre américaines à l'Université Old Dominion en Virginie, après l'attaque qualifiée de terroriste par les autorités qui a fait un mort. (Photo: AP)

Un instructeur militaire a été tué et deux personnes blessées par un tireur qui a ouvert le feu avant d’être lui-même tué, dans une classe du Corps de formation des officiers de réserve (ROTC) américain à l’université Old Dominion à Norfolk (Virginie).

Le 13/03/2026 à 08h05

Il s’agit d’«un acte de terrorisme», a affirmé la police fédérale américaine (FBI). La victime a été identifiée comme étant le lieutenant-colonel Brandon Shah.

«Le lieutenant-colonel Brandon Shah a été tué aujourd’hui dans sa salle de classe à l’université Old Dominion. Instructeur dévoué du ROTC, le lieutenant-colonel Shah n’a pas seulement consacré sa vie au service de notre pays, il a aussi enseigné et incité d’autres à suivre cette voie», a réagi la gouverneure de Virginie, Abigail Spanberger.

L’assaillant a été tué par des étudiants du ROTC, a annoncé en conférence de presse Dominique Evans, du FBI.

«Il y avait des étudiants dans cette pièce qui l’ont maîtrisé et tué. Je ne sais pas comment le dire autrement, mais ils ont réussi à éliminer la menace (...) Il n’a pas été abattu», a-t-elle ajouté, sans dire précisément comment il avait trouvé la mort.

L’assaillant a crié «Allah Akbar» («Dieu est le plus grand») avant d’ouvrir le feu.

Selon Dominique Evans, il voulait reproduire un attentat similaire à celui commis en 2009 sur la base militaire de Fort Hood, au Texas, lors duquel Nidal Hasan, ex-psychiatre de l’armée américaine, avait tué 13 personnes, dont 12 militaires, et blessé des dizaines d’autres dans le but d’empêcher les soldats de participer à une guerre qu’il considérait «illégale» en Afghanistan et en Irak.

Dominique Evans a toutefois répondu «non» à la question de savoir si l’assaillant avait mentionné la guerre en Iran avant d’ouvrir le feu.

Le FBI n’a pas été en mesure de dire si les étudiants réservistes étaient spécialement visés.

Le tireur a été identifié par les autorités comme étant Mohamed Bailor Jalloh, 36 ans, un ancien membre de la Garde nationale de Virginie qui avait plaidé en 2016 coupable de tentative de soutien au groupe État islamique (EI). Condamné à 11 ans de prison, il avait été libéré en 2024, selon les mêmes sources.

L’université avait initialement fait état d’un bilan de deux blessés avant que le directeur du FBI Kash Patel ne le révise à la hausse, expliquant que le tireur avait fait «un mort et deux blessés».

«Le tireur est mort grâce à un groupe d’étudiants courageux qui se sont interposés et l’ont maîtrisé, des actions qui, combinées à la réaction rapide des forces de l’ordre, ont indéniablement sauvé des vies», a-t-il ajouté.

Le FBI considère cette attaque comme «un acte de terrorisme», a souligné M. Patel.

Les cours à l’université Old Dominion ont été annulés pour le reste de la journée de jeudi ainsi que vendredi.

Selon les premières informations de l’enquête, l’attaque s’est produite en fin de matinée dans une salle de formation utilisée par le programme ROTC, qui prépare des étudiants à une carrière d’officier dans l’armée américaine tout en poursuivant leurs études universitaires. Ce programme est présent dans des centaines d’universités aux États-Unis et constitue l’un des principaux canaux de recrutement des forces armées.

Au moment des faits, plusieurs étudiants participaient à une session d’instruction dirigée par le lieutenant-colonel Shah lorsque l’assaillant a pénétré dans la salle de classe et ouvert le feu. Les tirs ont provoqué un mouvement de panique sur le campus avant que plusieurs étudiants du programme militaire ne parviennent à neutraliser l’attaquant.

Les deux personnes blessées ont été transportées dans un hôpital de la région. Selon les autorités locales, leur pronostic vital n’est pas engagé.

Les enquêteurs cherchent désormais à déterminer si Mohamed Bailor Jalloh avait préparé son attaque depuis plusieurs semaines et s’il avait bénéficié d’éventuels soutiens. Les autorités examinent également ses activités récentes, notamment ses déplacements et ses communications.

La question de sa libération en 2024 suscite déjà des interrogations dans plusieurs cercles politiques et sécuritaires aux États-Unis, certains responsables s’interrogeant sur le suivi dont il avait fait l’objet après sa sortie de prison.

Les autorités fédérales ont indiqué qu’aucun élément ne permettait pour l’instant d’affirmer l’existence d’un réseau organisé derrière l’attaque.

L’université Old Dominion, qui accueille plus de 24.000 étudiants, a placé le campus en état d’alerte pendant plusieurs heures après la fusillade. Des équipes de police et d’intervention ont été déployées autour des bâtiments universitaires tandis que les étudiants étaient invités à rester confinés.

La direction de l’établissement a annoncé la mise en place d’un dispositif de soutien psychologique pour les étudiants et le personnel présents au moment de l’attaque.

Les tueries en milieu scolaire ou universitaire sont une tragédie récurrente aux États-Unis, en raison notamment de la facilité d’accès aux armes à feu.

Selon plusieurs organisations spécialisées, des centaines d’incidents impliquant des armes à feu sont recensés chaque année dans des établissements scolaires et universitaires américains, alimentant un débat politique permanent sur la régulation des armes et la sécurité des campus.

Par Le360 (avec AFP)
Le 13/03/2026 à 08h05