Brésil: Flávio Bolsonaro en tête, Lula sous pression avant le second tour

Flavio Bolsonaro obtient 47% des voix au premier tour de l'élection présidentielle brésilienne. (PHOTO: Getty Images)

En position de force en vue du second tour de la présidentielle au Brésil, le candidat conservateur Flávio Bolsonaro a reçu lundi le soutien de Donald Trump, qui a salué sa «grande victoire» face au président sortant de gauche Lula.

Le 06/10/2026 à 08h29

Le sénateur Bolsonaro, 45 ans, a créé la surprise dimanche en obtenant 47% des suffrages au premier tour de la présidentielle, contre 45% pour Luiz Inácio Lula da Silva.

Les sondages donnaient pourtant un léger avantage au président octogénaire, en quête d’un quatrième mandat non consécutif. Le second tour est prévu le 25 octobre.

Avec 56 millions de voix, Flávio Bolsonaro a même fait mieux que son père, l’ex-président d’extrême droite Jair Bolsonaro, qui en avait recueilli 49 millions lorsqu’il avait été élu en 2018 et 51 millions lorsqu’il avait perdu face à Lula en 2022.

Le président américain Donald Trump a salué lundi cette performance: «C’est une grande victoire, serrée, mais une très, très grande victoire. Incroyable.»

Encouragé par le locataire de la Maison Blanche, le camp conservateur a récemment engrangé plusieurs victoires en Amérique latine. Un basculement à droite de la première économie de la régi

on serait retentissant.

Bourse euphorique

Les résultats ont également été salués par une hausse de plus de 9% à la mi-journée à la Bourse de São Paulo, tandis que l’indice Ibovespa a atteint un record historique en dépassant les 200.000 points.

Jerson Zanlorenzi, responsable du bureau des actions au sein de la banque d’investissement BTG Pactual, a déclaré à l’AFP que le marché considérait Flávio Bolsonaro comme «plus aligné sur les besoins économiques et budgétaires du Brésil».

Le candidat conservateur a promis une plus grande rigueur budgétaire, des baisses d’impôts et moins d’État. Il s’est aussi engagé à mener une lutte plus ferme contre l’insécurité galopante.

Flávio Bolsonaro, qui était encore méconnu à l’échelle nationale il y a quelques mois, se décrit comme «plus modéré» que son père, qui purge à domicile une peine de 27 ans de prison pour une tentative de coup d’État contre Lula en 2022.

Un «tsunami» anti-Lula

S’il est élu au second tour, il bénéficiera d’un Parlement penchant fortement à droite. Sa formation, le Parti libéral (PL), a presque doublé son nombre de sièges au Sénat, passant de 15 à 28, avec notamment l’élection de l’ancienne première dame Michelle Bolsonaro.

Un raz-de-marée de droite a également eu lieu à la Chambre des députés, où Nikolas Ferreira, 30 ans, figure de la nouvelle génération conservatrice, a été réélu avec trois millions de voix, un record pour un député au Brésil.

Pour l’analyste Thomas Traumann, l’élection a révélé un «tsunami de sentiment anti-PT», en référence au Parti des travailleurs de Lula, qui a gouverné le Brésil pendant la majeure partie des deux dernières décennies.

Cela fait de Flávio Bolsonaro «le favori pour remporter la présidence, et cela pourrait le placer dans une position encore plus forte pour gouverner que son père», explique-t-il à l’AFP.

«La fin de l’ère du PT est décrétée», a lancé dimanche soir le fils aîné de Jair Bolsonaro.

L’abstention

Le président de gauche a reconnu que le résultat était «inattendu». «Nous sommes dans les prolongations, et c’est là que nous allons convaincre le peuple brésilien», a-t-il cependant assuré.

Il a centré sa campagne sur la défense de la souveraineté face aux pressions de Donald Trump, qui a infligé plusieurs vagues de surtaxes douanières au Brésil.

Il a également mis en avant ses programmes sociaux, qui, dans les années 2000, ont sorti des millions de Brésiliens de la pauvreté.

Pour la politologue Carolina Botelho, de l’Université de l’État de Rio de Janeiro, «Lula a encore ses chances» de l’emporter et devra tenter de convaincre les quelque 21% d’abstentionnistes ainsi que les électeurs qui ont voté blanc.

Elle rappelle toutefois que le candidat arrivé en tête du premier tour a toujours été élu depuis 1989, date de la première élection présidentielle au suffrage direct après la fin de la dictature militaire (1964-1985).

Flávio Bolsonaro peut, quant à lui, espérer bénéficier du report des voix des autres candidats, qui ont totalisé environ 8% des suffrages au premier tour. Ils sont, pour la plupart, issus de la droite.

Par Le360 (avec AFP)
Le 06/10/2026 à 08h29