D’emblée, le journal espagnol évoque un paysage presque musical. «Il existe des paysages qui semblent avoir été attirés par le rythme de leur musique. Tel est le cas de la vallée du Drâa», dépeint la publication, s’attardant sur le fleuve, le plus long du Maroc avec ses 1.100 kilomètres, qui serpente entre palmeraies, reliefs de l’Anti-Atlas et premières dunes sahariennes. Dans cette atmosphère, El País convoque l’imaginaire sonore du Sud marocain, entre guembri et percussions, pour souligner l’identité culturelle du territoire.
Contrairement aux représentations d’un espace vide, le quotidien insiste sur la vitalité du Sahara. Sur place, écrit-il, «le désert n’est pas un espace vide, mais un habitat vivant d’une grande biodiversité, où ses habitants ont l’habitude de vivre en harmonie avec les ressources de la nature».
Kasbahs et patrimoine mondial
Écrit tel un carnet de voyage, l’article recense plusieurs types de séjours pour découvrir la région, pouvant être organisés depuis Marrakech, Ouarzazate ou M’hamid, dernier village avant l’immensité désertique. Et de conseiller en particulier le parcours qui débute à Marrakech, avec au programme, la traversée du col du Tizi-n-Tichka et la visite de la kasbah de Telouet, ancienne résidence du pacha Glaoui, avant d’emprunter la vallée de l’Ounila, jalonnée de villages en pisé.
Autre étape incontournable de ce parcours, Aït-Ben-Haddou, cité fortifiée inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1987, avant d’achever une journée de voyage bien remplie à Ouarzazate, où se trouvent les studios Atlas, dont les décors ont accueilli des productions internationales telles que «Gladiator» ou la série «Game of Thrones».
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Enfin, dans la vallée du Drâa, qui s’articule autour d’un fleuve que le stress hydrique a mis à mal ces dernières années, El País souligne la beauté du paysage qui conserve une forte puissance visuelle, avec ses amandiers en fleurs en février, ses palmiers dattiers et feuillages verts tranchant avec la terre rouge, notamment aux abords d’Agdz, dans la province de Zagora.
Le journal rappelle également le rôle historique de la vallée, point de départ des anciennes caravanes vers Tombouctou, un trajet qui pouvait durer 52 jours à dos de chameau.
Tamegroute et la mémoire spirituelle
En mettant le cap vers le sud, une halte s’impose au village de Tamegroute qui abrite une bibliothèque coranique ancienne, attenante à la Zaouia Naciria, confrérie soufie fondée au XVIIème siècle. Le village est également réputé pour ses ateliers de poterie artisanale, où sont façonnés tasses, vases et vaisselle.
Puis, à partir de M’hamid El Guizlane, entre oliveraies et bougainvilliers, l’expérience devient résolument désertique. Séjour en auberge ou nuit sous tente berbère, exploration des palmeraies et des ksars de Talha et d’Oulad Mhia, visite de la kasbah de Sidi Khalil… autant d’étapes évoquées par El País.
Le quotidien mentionne aussi les dunes de Chegaga, accessibles après la traversée de zones dominées par acacias et tamaris, où des espèces comme l’addax, des gazelles et l’autruche à cou rouge font l’objet de programmes de réintroduction.
Le retour vers Marrakech ou Ouarzazate peut inclure une halte à l’oasis de Fint, décrite comme «un jardin créé par d’anciens nomades», offrant un contraste verdoyant face aux teintes dorées du désert.








