Une croissance de 5% en 2026, grâce à la demande intérieure et le redressement agricole

Croissance économique.

Histogramme représentant un trend haussier.

Revue de presse Dans son Budget économique prévisionnel 2026, le Haut-Commissariat au Plan anticipe une accélération de la croissance économique à 5%, soutenue par la reprise du secteur agricole, la solidité des activités non agricoles et la dynamique de la demande intérieure, dans un contexte de maîtrise de l’inflation et de poursuite de l’assainissement des finances publiques. Cet article est une revue de presse tirée du magazine hebdomadaire Challenge.

Le 20/01/2026 à 19h22

Le Haut-Commissariat au Plan a dévoilé, mardi 20 janvier, son Budget économique prévisionnel pour l’année 2026, offrant une lecture détaillée des perspectives de l’économie marocaine à moyen terme. Selon ces projections, reprises par le magazine hebdomadaire Challenge, la croissance économique devrait atteindre 5% en 2026, contre un taux estimé à 4,7% en 2025, confirmant une dynamique d’accélération enclenchée depuis plusieurs années.

Cette progression serait portée à la fois par le redressement attendu du secteur agricole et par la consolidation des activités non agricoles, soutenues par le dynamisme de la demande intérieure. Le HCP souligne que cette évolution s’inscrit dans un contexte de relative stabilité des prix, favorable à la consommation et à l’investissement. L’économie nationale entrerait ainsi dans une phase de croissance continue sur quatre années consécutives.

La campagne agricole 2025-2026 a démarré sous le signe d’un déficit pluviométrique marqué. Toutefois, les précipitations enregistrées à partir de la fin du mois de novembre, à la fois abondantes et mieux réparties, ont permis de compenser ce retard initial. Ces conditions laissent entrevoir une campagne agricole plus favorable que prévu, avec des effets positifs attendus sur la reconstitution des réserves des barrages et l’alimentation des nappes phréatiques.

En valeur, la croissance du produit intérieur brut devrait légèrement ralentir, passant de 6,7% en 2025 à 6,3% en 2026. Cette évolution se traduirait par une inflation modérée, mesurée par l’indice implicite du PIB, qui s’établirait à 1,3% en 2026 après un niveau attendu de 1,9% en 2025. La demande intérieure continuerait de jouer un rôle central dans la dynamique économique, a-t-on lu dans Challenge. Elle progresserait de 5,7% en 2026, après une hausse plus soutenue de 8% en 2025, et contribuerait à hauteur de 6,3 points à la croissance du PIB. Cette contribution, bien qu’en recul par rapport à celle de l’année précédente, confirmerait la place de la demande nationale comme principal moteur de l’activité.

La consommation finale des ménages devrait enregistrer une augmentation de 4,1% en 2026, après 4,4% en 2025, contribuant pour environ 2,5 points à la croissance économique. Cette évolution serait notamment favorisée par la revalorisation des salaires, la hausse des revenus agricoles dans l’hypothèse d’une campagne meilleure que la moyenne, ainsi que par le reflux progressif des pressions inflationnistes. La poursuite de la mise en œuvre des aides sociales directes viendrait également soutenir le pouvoir d’achat des ménages.

De son côté, la consommation finale des administrations publiques devrait progresser de 5,7% en 2026, contre 6,3% en 2025, avec une contribution proche d’un point à la croissance. Globalement, la consommation finale nationale évoluerait autour de 4,5%, en légère décélération par rapport à l’année précédente, mais continuerait de soutenir l’activité économique de manière significative.

L’investissement brut poursuivrait sa trajectoire positive amorcée en 2023, écrit Challenge. Il resterait porté par les grands projets d’infrastructures liés à la préparation de manifestations internationales, par la mise en œuvre de la nouvelle Charte de l’investissement, ainsi que par le maintien de l’effort d’investissement des établissements et entreprises publics. Après une forte progression estimée à 16,3% en 2025, l’investissement devrait croître de 8,7% en 2026, contribuant respectivement de 4,9 points et de 2,8 points à la croissance du PIB.

Sur le plan des finances publiques, le déficit budgétaire devrait poursuivre sa tendance à la baisse pour s’établir autour de 3,2% du PIB en 2026, contre 3,6% en 2025. Cette amélioration s’inscrirait dans la continuité des efforts d’assainissement budgétaire, soutenus par l’augmentation attendue des recettes fiscales. Les recettes ordinaires devraient se maintenir à un niveau élevé, représentant près de 23,8% du PIB en 2026, après 24,3% en 2025. Cette évolution serait portée par la progression conjointe des recettes fiscales et non fiscales. Les recettes fiscales, en particulier, devraient atteindre près de 20% du PIB en 2026, contre 19,6% en 2025, grâce à l’achèvement de la réforme fiscale structurelle engagée depuis 2021 et à l’introduction de nouvelles mesures prévues par la Loi de Finances 2026.

En revanche, le déficit commercial devrait se creuser, atteignant 21,1% du PIB en 2026 après 21,3% en 2025, contre 19,1% en 2024. Le HCP souligne que les perspectives du commerce extérieur demeurent contrastées dans un contexte marqué par des incertitudes géopolitiques persistantes et une croissance modérée en Europe. Les secteurs de l’automobile et du textile devraient faire face à des contraintes liées à la transition énergétique et à la faiblesse de la demande européenne, tandis que les exportations de phosphates, de produits agricoles et agroalimentaires devraient conserver une orientation favorable.

Le volume des exportations de biens connaîtrait un ralentissement en 2025 avant de se redresser en 2026, avec une croissance estimée à 6,7%, reflétant la diversification progressive de l’offre exportable et l’élargissement de ses débouchés. À l’inverse, les importations de biens devraient continuer d’augmenter sous l’effet de la vigueur de la demande intérieure, malgré une hausse modérée des importations de produits agricoles et agroalimentaires en 2025.

Enfin, l’épargne nationale devrait s’améliorer pour atteindre près de 30,3% du PIB en 2026, après 29,6% en 2025. Cette progression tiendrait compte de revenus extérieurs nets représentant environ 7% du PIB et d’un renforcement de l’épargne intérieure, attendue à 23,3% du PIB en 2026. Toutefois, le taux élevé d’investissement brut, projeté à plus de 32% du PIB, continuerait de peser sur le besoin de financement de l’économie, qui devrait s’établir à 1,9% du PIB en 2026, après un pic attendu à 2,4% en 2025.

Par La Rédaction
Le 20/01/2026 à 19h22