Systèmes aéronautiques d’atterrissage: ce qu’il faut savoir sur la future méga-usine Safran au Maroc

Un système d’atterrissage du groupe aéronautique Safran.

Un système d’atterrissage du groupe aéronautique Safran.

Présidé ce vendredi 13 février par le roi Mohammed VI, le lancement du projet d’usine du groupe Safran mobilise un investissement supérieur à 280 millions d’euros et plus de 7 hectares. Destiné notamment aux programmes du constructeur Airbus, ce futur plus grand centre mondial de fabrication de systèmes d’atterrissage générera 500 emplois directs et s’inscrit dans un écosystème aéronautique qui emploie déjà 25.000 jeunes au Maroc. Les détails.

Le 13/02/2026 à 19h11

Le lancement du projet d’usine Safran de fabrication de systèmes d’atterrissage d’avions à Nouaceur marque une nouvelle étape dans l’ascension industrielle du Royaume, illustrant une stratégie de long terme orientée vers les technologies de pointe et l’intégration dans les chaînes de valeur mondiales. Présidé ce vendredi à Casablanca par le Roi, cet investissement s’inscrit dans la continuité d’une vision industrielle déployée depuis plus de deux décennies, visant à faire du Maroc un acteur incontournable dans l’aéronautique mondiale.

C’est dans cette dynamique que le groupe français Safran, à travers sa filiale Safran Landing Systems, prévoit d’implanter le plus grand centre mondial dédié à la fabrication de systèmes d’atterrissage. L’installation de cette unité industrielle au sein de la plateforme intégrée Midparc, située à Nouaceur, témoigne de la maturité de l’écosystème aéronautique marocain et de sa capacité à accueillir des projets industriels à forte valeur ajoutée.

Systèmes d’atterrissage: les composants les plus complexes et les plus sensibles

Ce nouveau complexe industriel permettra au Maroc de maîtriser l’ensemble d’une chaîne industrielle hautement spécialisée, allant de la fabrication de précision à l’assemblage de haute technologie, en passant par les tests, la certification et la maintenance avancée. Plus encore, il illustre le repositionnement du Royaume comme partenaire stratégique dans le développement des programmes aéronautiques internationaux.

Le Maroc s’impose ainsi comme un partenaire à part entière dans le développement de la nouvelle génération d’avions court et moyen-courriers. Ce projet contribuera également à renforcer la souveraineté industrielle et la résilience du tissu productif national, en réduisant les circuits industriels et en consolidant l’intégration avec les sites européens d’assemblage, en phase avec les mutations profondes des chaînes d’approvisionnement mondiales.

L’importance du projet réside également dans sa dimension technologique. Les systèmes d’atterrissage figurent parmi les composants aéronautiques les plus complexes et les plus sensibles, tant sur le plan technologique que sécuritaire. La spécialisation du site dans les équipements destinés aux avions de la gamme du constructeur Airbus, notamment pour le programme A320, place le Maroc au cœur d’un programme aéronautique mondial stratégique. La fabrication de systèmes d’atterrissage au Maroc illustre un investissement technologique majeur avant d’être financier. Elle constitue une preuve tangible du niveau de confiance accordé à l’écosystème industriel national et de sa compétitivité dans un secteur exigeant les normes les plus strictes en matière de précision et de sécurité.

De «produire au Maroc» à «produire avec le Maroc»

Par ailleurs, ce projet industriel traduit une mutation profonde du partenariat entre les investisseurs internationaux et le Royaume. Après plus de vingt-cinq ans de présence au Maroc, Safran franchit une nouvelle étape avec un investissement dépassant 280 millions d’euros et couvrant une superficie de plus de sept hectares. Cette évolution illustre le passage d’une logique de production localisée à une dynamique de co-développement industriel, où le Maroc devient un acteur pleinement intégré aux stratégies globales des grands groupes.

Le projet s’inscrit également dans les nouvelles exigences de durabilité qui redéfinissent l’industrie mondiale. L’usine fonctionnera entièrement grâce à une énergie décarbonée, en cohérence avec la stratégie nationale de transition énergétique. Cette orientation renforce le positionnement du Maroc comme plateforme industrielle responsable, tout en améliorant la compétitivité logistique grâce à la proximité avec les sites d’assemblage européens, ce qui permet de réduire les délais et d’optimiser les chaînes d’approvisionnement.

L’impact social du projet est tout aussi significatif. L’usine devra générer 500 emplois directs dès son entrée en activité, s’ajoutant aux quelque 25.000 jeunes Marocains déjà engagés dans les chaînes de production aéronautiques nationales. Elle ouvre ainsi de nouvelles perspectives pour la formation et la valorisation des compétences marocaines dans des métiers de haute précision, confirmant que le développement industriel s’accompagne d’un investissement stratégique dans le capital humain. Autant de leviers qui participent à redessiner la place du Royaume dans la nouvelle géographie industrielle et technologique mondiale.

Par Tarik Qattab
Le 13/02/2026 à 19h11