Cette mobilisation fait suite à l’appel lancé par le Syndicat national démocratique des finances (SNDF), affilié à l’Union marocaine du travail (UMT). Les protestataires dénoncent une «gestion chaotique et improvisée» de la mise en œuvre de la réforme du recouvrement des taxes locales, adoptée récemment.
S’exprimant lors du sit-in organisé à Agadir, Hassan Boughchi, secrétaire régional du SNDF du Grand Agadir, a indiqué que cette action «s’inscrit dans une série de développements regrettables enregistrés au niveau de la Trésorerie générale du Royaume, suite à l’adoption de la loi relative à la gestion de la fiscalité des collectivités territoriales».
Selon lui, l’application de cette réforme s’est traduite par la création de perceptions communales et la désignation de receveurs communaux «sans respect des procédures administratives requises et sans passation de service avec les percepteurs de la TGR». Or, rappelle-t-il, ces derniers sont des comptables publics soumis au contrôle de la Cour des comptes. «La manière dont cette loi a été mise en œuvre révèle de nombreuses formes de confusion, que ce soit entre le ministère de l’Intérieur, le ministère des Finances ou encore la Trésorerie générale du Royaume. Malheureusement, la coordination et la coopération font défaut entre ces différentes parties», a-t-il déploré.
De son côté, Fatiha Oualou, membre du SNDF, a insisté sur le caractère fondamental du rattachement des fonctionnaires de la TGR au ministère de l’Économie et des Finances. Un principe qui, selon elle, «ne peut en aucun cas être remis en cause».
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Même son de cloche chez Ahmed Amouzay, également membre du syndicat, qui a appelé à une application rigoureuse et encadrée de la réforme du recouvrement des taxes locales, tout en garantissant la protection du fonctionnaire, de son parcours administratif et de ses choix professionnels. «L’actuelle mise en œuvre se fait de manière désordonnée, alors même que les locaux de certaines perceptions connaissent une gestion chaotique. Il devient donc impératif de protéger les fonctionnaires», a-t-il alerté.
Pour Amouzay, ce sit-in vise avant tout à faire entendre la voix des agents de la TGR et à rappeler que «leur avenir administratif et professionnel constitue une ligne rouge». Le respect du fonctionnaire, de ses orientations et de ses choix est, selon lui, «une exigence non négociable».
Le Syndicat national démocratique des finances affirme, pour sa part, qu’il se dressera fermement contre toute pratique portant atteinte à la dignité du fonctionnaire ou susceptible d’influencer ses choix professionnels, réaffirmant ainsi sa détermination à défendre les droits et les garanties des agents de la Trésorerie générale du Royaume.
Rappelons que dans le cadre de la loi n° 14-25 relative à la fiscalité des collectivités territoriales, entrée en vigueur le 12 juin 2025, le recouvrement de certaines taxes locales, historiquement assuré par la TGR, doit être progressivement transféré aux 92 perceptions communales placées sous la tutelle du ministère de l’Intérieur. La mise en œuvre de cette réforme a toutefois révélé des tensions institutionnelles entre le ministère de l’Intérieur, le ministère de l’Économie et des Finances, ainsi qu’un vide transitoire autour des conditions de passation des services et du statut des agents.







