Services: les activités tertiaires ralentissent à 4,4% au quatrième trimestre

Ralentissement du tertiaire: la modération des flux commerciaux et logistiques, illustrée par l’activité d’entreposage, reflète la perte de dynamisme de plusieurs segments clés de l’économie marocaine fin 2025. (Photo d'illustration)

Le secteur tertiaire perd en intensité en fin d’année 2025, avec une croissance ramenée à 4,4% après 5,4% un an plus tôt, selon le Haut-commissariat au plan (HCP). Le ralentissement touche l’ensemble des branches, du tourisme aux services financiers, et pèse sur la dynamique des activités non agricoles.

Le 31/03/2026 à 13h22

Le secteur tertiaire marocain enregistre une décélération nette au quatrième trimestre 2025, confirmant un changement de cadence dans l’un des principaux moteurs de l’économie nationale. La croissance s’établit à 4,4%, en recul d’un point par rapport à la même période de 2024.

Cette évolution s’inscrit dans une dynamique plus large affectant les activités non agricoles, dont la progression passe de 4,8% à 4%. Le tertiaire, qui concentre une part dominante de la valeur ajoutée, voit ainsi sa capacité d’entraînement s’atténuer en fin d’exercice.

Selon le Haut-commissariat au plan, le ralentissement observé se diffuse dans les segments traditionnellement dynamiques. Les services financiers et les assurances enregistrent une croissance de 6,6%, contre 8,3% un an auparavant. Cette évolution reflète un environnement économique plus modéré, marqué par une dynamique d’investissement moins soutenue.

Le même mouvement concerne les services non marchands. L’éducation, la santé et l’action sociale progressent de 6,5%, après 7,3% une année auparavant. La tendance reflète une stabilisation après une phase d’expansion soutenue, dans un contexte de normalisation des dépenses publiques.

En outre, le secteur de l’hébergement et de la restauration enregistre la correction la plus visible. La croissance tombe à 4,8% après 13,2% au quatrième trimestre 2024. Ce recul traduit la fin d’un effet de rattrapage post-crise et un retour à des rythmes plus alignés sur les fondamentaux.

Pour le transport et l’entreposage, la trajectoire est similaire. Leur progression est ramenée à 4,3%, contre 7,9% un an auparavant, note le HCP. Cette évolution reflète une modération des flux commerciaux et logistiques, en cohérence avec le ralentissement du commerce extérieur.

De leur côté, le commerce et la réparation de véhicules progressent de 3,1%, contre 4,4% un an plus tôt. Ce tassement intervient malgré une hausse de la consommation des ménages, suggérant un rééquilibrage des dépenses ou un effet prix moins marqué.

Parallèlement, les activités de recherche-développement et les services rendus aux entreprises voient leur croissance limitée à 3,3%, contre 4,8% auparavant. Ce segment, étroitement lié à l’investissement productif, constitue un indicateur avancé de la dynamique économique. Son ralentissement traduit une progression moins soutenue de l’effort d’investissement.

Un tertiaire moins amortisseur de la croissance

La diffusion du ralentissement à l’ensemble des branches modifie le rôle du tertiaire dans l’économie marocaine. Habituellement, les services contribuent à lisser les fluctuations sectorielles et à soutenir la demande intérieure.

Le tassement simultané du tourisme, du commerce, du transport et des services financiers réduit cet effet stabilisateur. La croissance demeure positive, mais elle perd en intensité et en capacité d’entraînement.

Cette évolution s’inscrit dans un contexte de modération globale de l’activité. Le ralentissement du tertiaire s’accompagne d’une décélération du niveau général des prix. L’inflation ressort ainsi à 2,7% au quatrième trimestre 2025, contre 4,9% un an auparavant, rappelle le HCP.

Cette évolution influe directement sur la dynamique des services, notamment dans les activités sensibles aux prix comme le tourisme ou le commerce. La croissance en volume reste orientée vers la hausse, mais la progression en valeur s’atténue sous l’effet de la désinflation.

Le ralentissement observé en fin d’année 2025 ne remet pas en cause le rôle central du tertiaire, mais il en redéfinit les contours. La phase de rattrapage post-crise s’estompe, laissant place à une croissance davantage dépendante des fondamentaux structurels.

Par Mouhamet Ndiongue
Le 31/03/2026 à 13h22