À Marrakech, le mois de Ramadan n’a plus le visage qu’on lui connaissait. Longtemps, cette période sacrée rimait avec ralentissement de l’activité touristique. Hôteliers et restaurateurs profitaient traditionnellement de cette parenthèse pour fermer temporairement leurs établissements, engager des travaux de rénovation ou lancer des extensions. La ville ocre traversait alors une basse saison marquée, presque inscrite dans le calendrier professionnel.
«Ce schéma appartient désormais au passé», relève le quotidien L’Economiste dans son édition du mercredi 4 mars. Depuis trois ans, la dynamique touristique que connaît Marrakech semble avoir effacé toute notion de saisonnalité. Même le Ramadan ne parvient plus à freiner l’élan. Cette année, le début du mois sacré a coïncidé avec les premières vacances scolaires françaises de février-mars, apportant un flux de visiteurs supplémentaire. «Le succès de Marrakech au cours des trois dernières années engendre un effet d’entraînement positif pour 2026 et pour le mois de février», confie un hôtelier de la place, cité par L’Economiste. Et d’observer une demande soutenue malgré une période autrefois creuse.
Les perspectives pour 2026 s’annoncent d’ailleurs prometteuses. Les professionnels du secteur anticipent de nouveaux records, portés par un renforcement significatif des capacités aériennes. L’augmentation des liaisons internationales devrait consolider la position de la destination sur ses marchés traditionnels et en ouvrir de nouveaux. Certains estiment même que les tensions persistantes au Moyen-Orient pourraient rediriger une partie des flux touristiques vers le Maroc, contribuant à maintenir la tendance haussière.
L’année a démarré sous de bons auspices, selon les statistiques aéroportuaires de janvier. L’effet de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 a certes été mesuré, mais il a participé à soutenir l’activité. Du côté des voyagistes, les réservations pour la haute saison d’avril sont jugées encourageantes. L’agenda événementiel des mois d’avril, mai et juin s’annonce particulièrement dense, sans qu’aucune annulation notable ne soit signalée à ce stade.
Depuis 2022, la croissance de Marrakech repose en grande partie sur la solidité des marchés français, britannique et espagnol. Les dessertes aériennes reliant la ville aux grandes métropoles européennes ont doublé, facilitant les courts séjours comme les vacances prolongées. La France demeure le premier pourvoyeur de touristes vers le Maroc, avec une demande particulièrement résiliente. Marrakech reste, pour beaucoup de voyageurs français, la destination privilégiée, alliant proximité, climat favorable et offre hôtelière diversifiée.
Les professionnels misent également sur la montée en puissance du marché américain. Les programmations aériennes opérées par United Airlines et Delta Air Lines renforcent l’accessibilité de la destination depuis les États-Unis. Au-delà des volumes, les opérateurs soulignent la valeur ajoutée de cette clientèle, réputée pour un niveau de dépense supérieur à celui des marchés traditionnels européens.
À l’échelle nationale, le Maroc affiche une ambition claire: atteindre 26 millions de visiteurs. Dans cette stratégie, Marrakech occupe une place centrale. La ville figure d’ailleurs parmi les destinations incontournables pour 2026 selon Tripadvisor, se classant à la septième place du palmarès mondial des «Destinations incontournables».
«Les performances enregistrées en 2025 confirment cette trajectoire ascendante. Marrakech conserve sa position de locomotive du tourisme national, concentrant 31% des nuitées réalisées au Maroc», rappelle L’Economiste. La ville a enregistré 4,86 millions d’arrivées touristiques, générant 13,6 millions de nuitées dans les établissements classés. Cela représente une progression de 3% par rapport à la même période de 2024, selon les données de l’Observatoire du Tourisme.
Le taux moyen d’occupation atteint désormais 73%, en hausse de deux points sur un an. Des indicateurs qui traduisent une transformation profonde du cycle touristique de la ville. À Marrakech, même le Ramadan ne marque plus une pause: la destination semble désormais installée dans une croissance continue, portée par une notoriété internationale solidement ancrée et une connectivité aérienne en constante expansion.








