Dans l’objectif de juguler les agissements frauduleux qui prolifèrent sur les marchés publics et les appels d’offres, Nizar Baraka, ministre de l’Équipement et de l’Eau, a déployé un ensemble de dispositions visant à élever la qualité, la transparence et la gouvernance des projets d’infrastructures, y compris dans les domaines des études et du conseil en ingénierie.
Le ministre a ainsi fermé toutes les voies de contournement empruntées par les fraudeurs, qu’ils soient à l’origine des retards récurrents dans la réalisation des projets de développement ou qu’ils aient procédé à des altérations délibérées de la qualité des matériaux de construction. «Il a également érigé des obstacles devant ceux qui, accédant aux appels d’offres, cassent artificiellement les prix pour remporter les marchés sans jamais achever les travaux», rapporte Assabah de ce vendredi 10 avril. La même fermeté a été appliquée à ceux qui ont falsifié l’élaboration des études de connivence avec des entreprises, des bureaux d’expertise ou des cabinets d’ingénierie.
Ces actions ont été coordonnées avec Fouzi Lekjaa, ministre délégué chargé du Budget, en vue de réviser le cadre réglementaire régissant les bons de commande, les modalités de classification et d’agrément des entreprises. Une liste noire a été dressée pour écarter les opérateurs manipulateurs de toute transaction avec la puissance publique. Par ailleurs, certaines entreprises ont été autorisées à constituer un groupement solidaire pour l’exécution des travaux dans une logique intégrative, permettant ainsi à celles qui étaient antérieurement exclues des marchés publics en raison de l’absence de conditions d’exercice de retrouver un accès régulé à la commande publique.
Baraka a officialisé ces réformes à l’occasion d’une réunion tenue mardi 7 avril avec les présidents des fédérations professionnelles des travaux publics, du conseil et de l’ingénierie, ainsi qu’avec les entrepreneurs concernés par les transactions. L’enveloppe budgétaire allouée aux marchés publics pour l’année 2026 s’élève à 73 milliards de dirhams (18 milliards de dirhams pour le secteur de l’eau et de la météorologie, 21, 8 milliards pour les routes et les autoroutes, 4 milliards pour les ports et 28,8 milliards pour les équipements généraux).
Le ministre a par ailleurs exposé les méthodes optimales pour préserver la qualité des travaux et assurer une gestion financière rigoureuse, en adoptant des procédures techniques et administratives assouplies pour les demandes d’accréditation, la classification des entreprises, des bureaux d’études et des cabinets d’ingénierie-conseil. «Il a souligné que ce programme prévisionnel illustre la dynamique positive que connaît l’investissement public, lequel atteindra 380 milliards de dirhams en 2026, contre 340 milliards l’année précédente», note Assabah. «Une hausse qui confirme ainsi la poursuite des efforts visant à soutenir les projets structurants et à accélérer leur concrétisation, conformément aux orientations royales», conclut le ministre.




