Depuis plus de 60 jours, le barrage Nakhla affiche un taux de remplissage stable et record de 100%, une situation inédite depuis plusieurs années. Cette performance hydrique intervient à la faveur d’importants apports en eau drainés par plusieurs oueds descendant des reliefs montagneux qui surplombent Tétouan.
Depuis la mi-décembre, aucun recul du niveau n’a été observé. Le maintien constant du taux de remplissage maximal témoigne de l’abondance des ressources hydriques mobilisées et de la capacité du barrage à capter efficacement les flux en provenance de son bassin versant.
Situé dans la commune de Zinat, dans la province de Tétouan, le barrage Nakhla occupe une place particulière dans l’histoire hydraulique locale. Il s’agit du premier barrage construit dans la province et du deuxième plus ancien ouvrage du genre dans le nord du Maroc.
Édifié à l’époque du protectorat espagnol, l’ouvrage a fait l’objet d’une restructuration en 1961. Sa capacité de stockage atteint 4,2 millions de mètres cubes, un volume modeste au regard des grands barrages nationaux, mais stratégique à l’échelle locale.
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Avant la construction du barrage Chérif Al Idrissi à proximité du village ben Quraish, le barrage Nakhla assurait directement l’alimentation en eau potable de la ville de Tétouan et de ses environs.
Le barrage Nakhla fait le plein. (S.Kadry/Le360)
Avec la mise en service de ce nouvel ouvrage, son rôle a évolué. Les eaux déversées par le barrage Nakhla sont désormais orientées vers le barrage Chérif Al Idrissi, constituant ainsi un affluent supplémentaire et stratégique pour renforcer les réserves de ce dernier.
Selon des sources relevant de l’Agence du bassin hydraulique du Loukkos, le barrage Nakhla se distingue par une singularité nationale: il serait le seul barrage au Maroc dont la retenue atteint systématiquement 100% au début du mois de décembre de chaque saison hivernale.
Plus remarquable encore, ce niveau maximal se maintient généralement jusque fin mars ou mi-avril, période à partir de laquelle une baisse progressive est constatée. Cette régularité saisonnière reflète à la fois la configuration géographique du bassin et la dynamique pluviométrique propre à la région.






