La présentation des résultats 2025 a pris la forme d’un bilan structuré, revenant sur cinq années d’exécution stratégique. Imad Toumi a d’emblée posé le cadre: «Cette séance revêt une importance particulière pour notre groupe. Elle marque l’aboutissement d’un cycle stratégique, celui du plan 2020-2025», rappelant que les orientations annoncées plusieurs années auparavant arrivent désormais à maturité. Selon le PDG, l’exercice 2025 s’inscrit ainsi dans une logique de transition. «Il est aujourd’hui temps de partager avec vous les résultats concrets de cette trajectoire», a-t-il poursuivi, tout en projetant le groupe vers un nouvel horizon stratégique couvrant la période 2026-2030.
Cette articulation entre bilan et projection structure l’ensemble du discours, avec une constante: démontrer la cohérence entre les choix opérés et les performances enregistrées.
Le plan 2020-2025 s’est construit autour d’une transformation du portefeuille minier, avec un accent mis sur des projets de grande envergure. Imad Toumi a insisté sur ce point central soutenant que «le premier axe a consisté à transformer en profondeur le groupe à travers le développement de projets miniers de grande envergure».
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Ce repositionnement s’est traduit par des arbitrages ciblés. «Ce mouvement s’est accompagné d’une optimisation du portefeuille d’actifs, combinant cessions ciblées et acquisitions à fort potentiel», a-t-il précisé, citant notamment les implantations en Afrique de l’Ouest, en particulier au Sénégal et en Guinée.
La focalisation sur trois métaux — or, argent et cuivre — constitue l’autre pilier de cette stratégie. Le groupe a choisi de concentrer ses efforts sur des métaux à fort potentiel, une orientation dont la pertinence apparaît clairement au regard de l’évolution des marchés sur la période.
Une fois ces orientations définies, la question centrale a porté sur la capacité d’exécution. Le PDG a insisté sur «l’excellence opérationnelle» comme socle de la performance, évoquant les initiatives mises en œuvre pour optimiser les coûts et améliorer la productivité des sites.
Une production en hausse sur les métaux stratégiques
| Métal | 2024 | 2025 | Évolution |
|---|---|---|---|
| Or (koz) | 170 | 213 | +26 % |
| Argent (tonnes) | 128 | 151 | +18 % |
| Cuivre (tonnes) | 92 612 | 110 721 | +19 % |
La digitalisation des opérations minières constitue un levier structurant. Cette dynamique s’est accompagnée d’un effort soutenu en matière de digitalisation, avec une intégration progressive des technologies avancées, dont l’intelligence artificielle. Le renouvellement des ressources n’est pas en reste, demeurant un axe central de la stratégie. «L’objectif constant consiste à compenser chaque tonne extraite par de nouvelles ressources», grâce à un effort d’exploration continu. Une telle discipline opérationnelle explique en grande partie l’amélioration progressive de la rentabilité sur l’ensemble du cycle, soutient-il.
Un cycle d’investissement de plus de 22 milliards de dirhams
La montée en puissance du groupe s’appuie sur un effort d’investissement significatif. Plus de 22 milliards de dirhams ont été engagés sur cinq ans, selon les données présentées, avec une répartition équilibrée entre maintien des capacités et développement de nouveaux projets.
Les projets Tizert au Maroc et Boto au Sénégal apparaissent comme des pivots de cette stratégie. Le premier, qui a nécessité un investissement de près de 4,7 milliards de dirhams, illustre la volonté du groupe de développer des actifs de grande dimension.
La direction souligne que chaque investissement a été soumis à des critères stricts de rentabilité, avec des objectifs de marge permettant d’absorber les fluctuations des marchés.
Chiffres clés 2025
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Chiffre d’affaires | 13,7 Mds DH |
| EBE | 5,98 Mds DH |
| Résultat net part du groupe | 3 Mds DH |
| Investissements 2025 | 1,5 Md DH |
| Endettement net | 12,7 Mds DH |
| Production cuivre | 110 721 tonnes |
| Production or | 213 koz |
L’analyse des performances 2025 s’appuie d’abord sur l’évolution des marchés des métaux. La direction financière a rappelé que «le marché constitue un déterminant central de l’activité minière», avant de souligner le caractère particulièrement favorable de l’année ou les métaux précieux ont fortement progressé. Le cours de l’or s’établit entre 3.400 et 3.500 dollars l’once en moyenne, en hausse de 44%, tandis que l’argent progresse de 42% pour atteindre environ 40 dollars l’once.
Les métaux de base suivent une dynamique comparable avec le cuivre qui affiche un prix moyen avoisinant 10.000 dollars, avec des pics à 12.600 dollars en fin d’année, tandis que le cobalt bénéficie d’un resserrement de l’offre lié à des décisions d’exportation en République démocratique du Congo. Une telle configuration a amplifié l’effet prix dans les résultats du groupe.
Les résultats 2025 traduisent un changement de dynamique et une option claire pour le groupe. Le chiffre d’affaires atteint 13,7 milliards de dirhams, en progression de 54% par rapport à 2024. L’excédent brut d’exploitation s’élève à 5,98 milliards de dirhams (+125 %) et le résultat net part du groupe atteint 3 milliards de dirhams, multiplié par 4,8.
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Mouna Mahfoud, directrice exécutive finance a insisté sur les déterminants de cette performance, en distinguant clairement les effets prix et volume: «La progression du chiffre d’affaires s’explique par deux facteurs principaux dont l’effet prix et l’effet volume».
Dans le détail, l’effet prix contribue à hauteur de 1,6 milliard de dirhams, tandis que l’effet volume atteint 2,5 milliards de dirhams, porté par la mise en production des projets Boto et Tizert.
Une production en nette progression
La montée en régime des nouveaux actifs se reflète directement dans les volumes produits grâce à la production d’or qui atteint 213 milliers d’onces en 2025, contre 170 un an auparavant, soit une hausse de 26%. «Cette progression est principalement liée au démarrage du projet Boto», a précisé la direction.
L’argent suit une dynamique comparable, avec 151 tonnes produites contre 128 tonnes en 2024 (+18%), bénéficiant notamment des concentrés issus de Tizert.
Le cuivre, quant à lui, enregistre la progression la plus marquée, avec 110.721 tonnes produites contre 92.612 tonnes un an plus tôt. La croissance atteint 41% à périmètre comparable, traduisant l’impact direct de la montée en puissance des nouveaux actifs.
Cependant, la progression des résultats s’accompagne d’un ajustement des équilibres financiers. Le ratio dette/EBE s’établit à 2,12 contre 3,87 en 2024, traduisant une amélioration de la capacité de remboursement.
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En outre, le niveau d’endettement net atteint 12,7 milliards de dirhams, en hausse de 23%, reflétant l’intensité du cycle d’investissement. La direction souligne toutefois que les flux générés permettent de soutenir cette trajectoire, avec un cash-flow opérationnel proche de 3 milliards de dirhams en 2025.
Selon les résultats présentés, la performance financière se traduit également par une contribution accrue aux finances publiques. Le groupe indique avoir versé environ 400 millions de dirhams d’impôts, et plus d’un milliard de dirhams en incluant les redevances.
Parallèlement, la politique de distribution est maintenue. Plus de 700 millions de dirhams de dividendes ont été versés au titre de 2025, s’inscrivant dans un total de plus de 2 milliards de dirhams distribués sur la période.
ESG, eau et ancrage territorial
La direction a également mis en avant les avancées en matière environnementale et sociale où la gestion de l’eau apparaît comme un axe prioritaire, notamment au Maroc avec le projet Tizert qui illustre cette orientation, avec le recours à des eaux usées traitées provenant de la région d’Agadir, supprimant l’usage d’eau potable dans le processus industriel.
Dans le même segment, les indicateurs ESG font l’objet d’un suivi digitalisé, avec une ambition d’ouverture progressive, tandis que les efforts en matière de sécurité se poursuivent malgré deux accidents mortels enregistrés en 2025, soutient le groupe.
Imad Toumi a ainsi résumé la trajectoire engagée qui est de privilégier des actifs structurants, concentrer les ressources sur des segments à forte valeur et inscrire durablement le groupe sur des marchés porteurs.
Pour la direction de Managem, le prochain cycle stratégique devra désormais transformer cette base en levier de consolidation, dans un environnement de marché dont la volatilité reste un paramètre structurant.




