À Marrakech, les projets structurants ne se limitent pas à la simple modernisation de certains quartiers. Ils s’inscrivent dans une stratégie globale de mise à niveau territoriale des pôles urbains et des centres des communes. «Cette dynamique accompagne le développement soutenu de la région de Marrakech–Safi, visant à concilier croissance urbaine, mobilité et préservation du patrimoine historique et architectural», écrit le quotidien L’Economiste dans son édition du jeudi 5 février.
Dans cette perspective, une vision intégrée a été adoptée. Elle repose sur la restructuration des espaces urbains, l’amélioration des conditions de circulation et la valorisation des spécificités locales. Le réseau routier de Marrakech a ainsi bénéficié de travaux d’aménagement et d’élargissement sur plusieurs axes principaux. Toutefois, certains projets accusent un retard notable, ce qui affecte le calendrier initialement prévu. Les avenues Allal El Fassi et Moulay Abdellah, par exemple, restent emblématiques des frustrations des habitants face aux délais d’exécution. À l’inverse, d’autres chantiers ont été menés à terme avec efficacité, comme les deux trémies réalisées pour un montant total de 196 millions de dirhams, l’une au croisement de la rocade nord-ouest avec la route nationale n°7 et l’autre avec la route nationale n°8. Plusieurs carrefours ont également été réaménagés afin de fluidifier la circulation aux entrées de la ville et de réduire les temps de trajet, en particulier dans les zones à forte affluence.
Malgré ces infrastructures, la circulation à Marrakech demeure dense, surtout en semaine, générant des embouteillages et une cacophonie constante sur les routes. Les grands événements touristiques accentuent encore ce phénomène, rendant la ville quasi impraticable par moments. Pour certains experts, l’essor des transports publics pourrait constituer une solution durable pour désengorger les axes principaux. «Le transport urbain de Marrakech connaît, en effet, une évolution majeure, portée par le ministère de l’Intérieur et un effort de modernisation de l’ensemble de son écosystème», souligne L’Economiste.
Cette transformation se traduit notamment par l’acquisition de 349 autobus de nouvelle génération et la modernisation des arrêts de bus, désormais équipés de dispositifs plus fonctionnels. Le nouveau gestionnaire des lignes et le conseil communal sont appelés à mieux coordonner ces services pour garantir leur efficacité. Des problèmes persistent cependant dans certains quartiers, où des poubelles envahissent les arrêts, compliquant l’accès aux bus.
Avec un investissement d’environ 1,2 milliard de dirhams, le renouvellement de la flotte a permis d’améliorer la qualité des prestations, d’élargir le réseau de desserte et de renforcer l’attrait du transport collectif comme alternative crédible à la voiture individuelle. Reste désormais à savoir si les habitants sauront adopter ces nouvelles options et contribuer ainsi à transformer durablement la mobilité à Marrakech.







