Mandarines: 550.000 tonnes d’exportations attendues pour le Maroc en 2025-2026

Des mandarines

Revue de presseAvec des exportations attendues autour de 550.000 tonnes pour la campagne 2025-2026, le Maroc confirme son statut d’acteur majeur sur le marché international de la mandarine. Soutenue par des variétés premium et un calendrier de production favorable, la filière reste toutefois confrontée à des défis structurels, notamment la pression hydrique, la volatilité climatique et l’intensification de la concurrence mondiale. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien L’Économiste.

Le 12/03/2026 à 21h03

Le Maroc confirme sa position parmi les principaux exportateurs mondiaux de mandarines dans un contexte international marqué par une concurrence accrue et des contraintes climatiques de plus en plus fortes. Pour la campagne 2025-2026, les expéditions marocaines devraient atteindre près de 550.000 tonnes, un niveau qui témoigne de la solidité de cette filière agricole stratégique. «Sur le marché mondial, la mandarine fait partie des agrumes les plus échangés, mais le commerce international reste dominé par un nombre limité de pays exportateurs capables d’assurer à la fois des volumes importants, une qualité constante et une logistique efficace», écrit le quotidien L’Economiste dans son édition du vendredi 13 mars.

Au fil des dernières décennies, le Maroc s’est progressivement imposé comme un acteur majeur de ce commerce, figurant régulièrement parmi les cinq premiers exportateurs mondiaux. Cette performance s’appuie sur une spécialisation très marquée de la filière agrumicole nationale. Les clémentines et les mandarines représentent aujourd’hui environ 83% des expéditions d’agrumes marocains à l’étranger, confirmant le rôle central de ces fruits dans la stratégie d’exportation du secteur.

Sur la scène internationale, plusieurs pays structurent l’offre mondiale. L’Espagne, la Turquie, le Maroc, l’Égypte et l’Afrique du Sud occupent les principales positions sur les marchés d’importation, en particulier en Europe, qui demeure l’un des débouchés les plus importants. Les volumes produits, les conditions climatiques ainsi que les politiques commerciales mises en place par ces pays influencent directement l’évolution des flux d’échanges.

La production mondiale de mandarines est estimée entre 38 et 43 millions de tonnes. La Chine domine très largement ce marché en concentrant plus de 60% des volumes. Toutefois, la grande majorité de cette production est destinée à la consommation intérieure, ce qui limite sa présence sur les marchés internationaux. «Cette situation laisse le commerce mondial entre les mains d’un nombre restreint d’exportateurs, principalement situés dans le bassin méditerranéen et dans l’hémisphère Sud», précise L’Economiste.

Dans ce contexte, le Maroc bénéficie de plusieurs atouts structurels. Sa proximité géographique avec l’Europe constitue un avantage logistique majeur, permettant de réduire les délais d’acheminement et les coûts de transport. Le calendrier de production offre également des opportunités commerciales intéressantes. Certaines variétés marocaines arrivent sur les marchés européens à un moment où l’offre reste limitée chez certains concurrents, ce qui facilite l’écoulement des volumes et soutient les prix.

Malgré ces atouts, la filière agrumicole marocaine reste confrontée à plusieurs fragilités structurelles. La pression hydrique constitue aujourd’hui la contrainte la plus importante. Les épisodes de sécheresse répétés observés ces dernières années ont affecté les rendements et entraîné une réduction de certaines surfaces cultivées. Dans plusieurs zones de production, des vergers ont été abandonnés faute de ressources en eau suffisantes. Cette situation a particulièrement touché les plantations d’oranges, mais elle fragilise également l’équilibre global du secteur.

Parallèlement à la sécheresse, d’autres aléas climatiques peuvent également perturber la campagne. Les fortes pluies et les inondations enregistrées cette année dans certaines régions du nord-ouest du Maroc, notamment dans les zones agricoles du Gharb et du Loukkos, ont provoqué des difficultés dans plusieurs vergers. L’excès d’eau a entraîné la chute prématurée de fruits et retardé certaines opérations de récolte et de conditionnement destinées à l’exportation.

La volatilité de la production constitue ainsi un défi récurrent pour la filière. Les variations climatiques, auxquelles s’ajoutent l’évolution des coûts de production et les contraintes logistiques, peuvent entraîner des fluctuations importantes d’une campagne à l’autre. Dans un marché mondial très compétitif, la régularité de l’offre reste pourtant un facteur déterminant pour conserver la confiance des importateurs.

Le commerce international de la mandarine fonctionne par ailleurs selon une logique saisonnière bien établie. Les pays du bassin méditerranéen approvisionnent principalement les marchés européens durant l’hiver. L’Espagne et la Turquie occupent une place particulièrement importante durant cette période, aux côtés du Maroc et de l’Égypte.

À partir du printemps et durant l’été, la dynamique de l’offre se déplace vers l’hémisphère Sud. L’Afrique du Sud, le Chili et le Pérou prennent alors le relais dans l’approvisionnement des marchés internationaux. Cette alternance saisonnière permet d’assurer une présence quasi permanente de mandarines sur les étals mondiaux.

Dans ce système, le calendrier de production représente un levier stratégique pour les exportateurs. Les pays capables d’arriver plus tôt sur les marchés ou de prolonger leur saison commerciale disposent d’un avantage concurrentiel important. La capacité à garantir des volumes réguliers, une qualité constante et une logistique performante demeure également essentielle pour accéder durablement aux principaux circuits de distribution, écrit encore L’Économiste.

La concurrence régionale s’intensifie néanmoins. La Turquie et l’Égypte renforcent progressivement leur présence sur plusieurs marchés grâce à des volumes importants et à des coûts de production relativement compétitifs. L’Afrique du Sud continue également de consolider sa position dans les circuits internationaux, notamment grâce à des investissements importants dans la modernisation de sa filière agrumicole.

Malgré cet environnement concurrentiel, la mandarine reste l’un des piliers de l’export agricole marocain, juste derrière la tomate. Les perspectives de développement du secteur reposent en grande partie sur l’évolution de l’offre variétale. La montée en puissance de variétés premium, comme la Nadorcott, soutient les exportations vers le marché européen, où la demande pour des fruits de haute qualité continue de progresser.

L’amélioration de l’efficacité des systèmes d’irrigation apparaît également comme un enjeu majeur pour sécuriser la production face au stress hydrique. Dans le même temps, la diversification des débouchés constitue une autre piste de développement pour la filière. L’ouverture vers de nouveaux marchés en Europe du Nord, en Asie ou au Moyen-Orient pourrait permettre d’élargir les perspectives commerciales et de réduire la dépendance vis-à-vis de certains marchés traditionnels.

Par La Rédaction
Le 12/03/2026 à 21h03