L’exercice 2025 marque une étape significative dans la trajectoire de Managem. Le groupe minier marocain a enregistré un chiffre d’affaires de 13,7 milliards de dirhams (environ 1,2 milliard d’euros), soit une progression annuelle de 55%. Ce niveau d’activité, inédit dans son histoire, confirme le redressement amorcé après une année 2023 plus contrastée et un premier rebond observé en 2024. «Pour la première fois, l’entreprise franchit le seuil des 10 milliards de dirhams de revenus, consolidant sa place parmi les principaux acteurs miniers du continent africain», indique le magazine Jeune Afrique.
Cette performance s’inscrit dans un contexte international marqué par une forte hausse des cours des matières premières. Le prix de l’or a atteint des niveaux historiques, dépassant pour la première fois les 5 000 dollars l’once en janvier. Managem a naturellement bénéficié de cette conjoncture favorable. Toutefois, la progression de son chiffre d’affaires ne repose pas uniquement sur l’effet prix. Le groupe a également fait état d’une consolidation des volumes de ventes d’argent et de cuivre, deux minerais qui constituent le socle historique de ses activités.
Les résultats de 2025 traduisent également l’évolution stratégique engagée par l’entreprise. Depuis 2024, cette dernière a accentué son orientation vers l’or et les métaux dits critiques, dans un contexte mondial de transition énergétique et de sécurisation des chaînes d’approvisionnement. «Présent dans neuf pays (le Maroc, le Sénégal, la Guinée, la Côte d’Ivoire, le Gabon, la République démocratique du Congo, les Émirats arabes unis et la Suisse), le groupe dirigé par Imad Toumi a renforcé son empreinte industrielle», note Jeune Afrique.
Deux projets structurants sont entrés en production en 2025. Au Sénégal, la mine aurifère de Boto, acquise en 2022 auprès du Canadien IAMGOLD, représente un investissement de 350 millions d’euros. Le site vise une production annuelle d’environ cinq tonnes d’or et dispose de réserves estimées à 1,8 million d’onces, soit environ 56 tonnes. Il comprend une exploitation à ciel ouvert, une usine de traitement ainsi que des infrastructures associées, notamment une centrale électrique de 23 mégawatts, un barrage et une piste d’atterrissage.
Au Maroc, le projet cuprifère de Tizert, situé dans la province de Taroudant, est entré en production à la fin du mois de juillet après un investissement de 4 milliards de dirhams (environ 370 millions d’euros). Dotée d’une capacité annuelle de 120 000 tonnes de concentré, cette mine est désormais la plus importante du pays dans le segment du cuivre. Elle s’accompagne d’un projet de fonderie développé en partenariat avec OCP, acteur majeur de l’industrie des engrais.
Au total, les mines de Boto et de Tizert ont généré à elles seules 3,5 milliards de dirhams de chiffre d’affaires en 2025, illustrant leur contribution déterminante à la croissance du groupe.
Parallèlement, Managem a renforcé sa diversification vers les métaux critiques en créant un pôle dédié, ManaGreen. Cette entité pilote notamment le développement des activités cuprifères et de nouveaux projets industriels liés aux besoins de la transition énergétique. Dans ce cadre, le groupe a noué un partenariat avec Renault pour la production de sulfate de cobalt. L’unité industrielle, dotée d’une capacité annuelle de 5 000 tonnes, doit entrer en service cette année et approvisionner l’industrie des batteries électriques, tant au Maroc qu’à l’international.
Selon l’entreprise, la stratégie de ManaGreen ne se limite pas au cuivre et au cobalt. Des projets sont également en cours dans le manganèse et le graphite, tandis que des opportunités sont étudiées dans les terres rares et le recyclage, notamment via la valorisation de la «black mass» issue des batteries en fin de vie. Cette orientation reflète la volonté du groupe d’anticiper l’évolution des marchés liés aux technologies bas carbone, lit-on dans Jeune Afrique.
La diversification s’étend également au secteur énergétique. En 2024, Managem a acquis Sound Energy Morocco East Ltd auprès de la société britannique Sound Energy pour un montant de 45,2 millions de dollars. Cette opération marque son entrée dans le gaz naturel, en cohérence avec la stratégie nationale visant à renforcer l’indépendance énergétique du Maroc.
Les puits de Tendrara, situés dans la région de l’Oriental, ont été mis en service en décembre dernier. La production initiale est estimée à 100 millions de mètres cubes par an, avec un objectif à terme de 530 millions de mètres cubes annuels. Pour Managem, le développement du gaz naturel constitue un levier supplémentaire de diversification de son portefeuille de ressources et un moyen de contribuer à la souveraineté énergétique du Royaume.






