Les ETF, nouveau levier de modernisation du marché financier marocain

Les Exchange Traded Funds (ETF) figurent désormais parmi les évolutions les plus significatives qui ont profondément transformé la gestion d’actifs à l’échelle mondiale.

Revue de pressePortée par un cadre réglementaire renouvelé et par la volonté d’alignement sur les standards internationaux, cette innovation pourrait renforcer la liquidité, diversifier les stratégies d’investissement et accélérer la transformation structurelle de l’écosystème financier national. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Les Inspirations Eco.

Le 25/02/2026 à 21h22

Les Exchange Traded Funds, plus connus sous l’acronyme ETF, s’imposent aujourd’hui comme l’une des transformations les plus marquantes de l’industrie mondiale de la gestion d’actifs. Dans une note stratégique reprise par le quotidien Les Inspirations Eco du 26 février, BMCE Capital Global Research examine l’introduction prochaine de ces instruments sur le marché marocain et en analyse les implications structurelles. Au-delà d’un simple ajout technique à la gamme de produits financiers disponibles, cette évolution pourrait marquer une nouvelle étape dans la modernisation du marché des capitaux national.

Apparus au début des années 1990, les ETF ont progressivement bouleversé les pratiques d’investissement à l’échelle internationale. Leur succès repose sur une structure hybride qui combine les caractéristiques d’un fonds indiciel, notamment la diversification, avec la souplesse de négociation d’une action cotée en Bourse. Cette double nature répond aux attentes croissantes des investisseurs contemporains, en quête de produits à la fois lisibles, transparents, liquides et peu coûteux.

L’essor mondial des ETF ne relève plus d’un phénomène passager. Les encours globaux ont atteint des niveaux record, soutenus par des flux de capitaux massifs en provenance d’investisseurs institutionnels comme particuliers.

Cette montée en puissance s’explique en grande partie par un constat désormais largement documenté: sur longue période, une majorité de fonds en gestion active peinent à battre leurs indices de référence une fois les frais pris en compte. Dans ce contexte, l’investissement passif s’est imposé comme une alternative crédible. L’objectif n’est plus de surperformer le marché, mais d’en reproduire fidèlement la performance moyenne, à des coûts généralement plus faibles.

Les ETF, emblèmes de cette approche, permettent d’obtenir une exposition rapide et efficace à un marché, un secteur ou une thématique donnée, tout en offrant une grande flexibilité d’exécution.

L’introduction des ETF au Maroc s’inscrit dans un environnement réglementaire en mutation. Selon l’analyse de BMCE Capital Global Research, la loi 03-25 constitue un tournant décisif dans la modernisation du cadre encadrant les organismes de placement collectif. Cette réforme traduit une volonté affirmée d’aligner l’écosystème financier marocain sur les standards internationaux.

Dans cette dynamique, l’arrivée des ETF apparaît comme une évolution naturelle, cohérente avec la maturation progressive du marché. Leur présence pourrait contribuer à renforcer la liquidité, à améliorer le processus de formation des prix et à élargir les outils d’allocation à la disposition des investisseurs.

L’analyse proposée ne présente pas les ETF comme des rivaux directs de la gestion active, mais plutôt comme des instruments complémentaires. Leur développement serait susceptible de produire un effet d’expansion du marché plutôt qu’un effet de substitution. Autrement dit, l’introduction des ETF pourrait attirer de nouveaux profils d’investisseurs, dynamiser les volumes échangés et approfondir le marché, sans pour autant remettre en cause la pertinence des stratégies actives. Cette vision s’appuie sur la solidité de l’industrie marocaine des OPCVM, qui dispose déjà d’encours significatifs et joue un rôle important dans le financement de l’économie. Cette base domestique pourrait favoriser l’amorçage progressif du segment ETF.

Plusieurs conditions apparaissent toutefois déterminantes pour assurer le succès de cette introduction. La simplicité des premiers produits sera essentielle. Un ETF indiciel répliquant un panier d’actions liquide et largement suivi constituerait une étape logique pour structurer la demande et instaurer la confiance.

La liquidité dès le lancement sera également cruciale, ce qui suppose la présence active de teneurs de marché et des mécanismes efficaces de création et de rachat de parts. Enfin, la stabilité du cadre réglementaire et fiscal représentera un facteur clé. Les investisseurs privilégient avant tout la prévisibilité et la transparence.

L’éducation financière jouera également un rôle central. L’appropriation des ETF par les investisseurs particuliers dépendra de leur compréhension des mécanismes de réplication, des risques associés et des modalités de négociation en Bourse. Sans pédagogie adaptée, l’innovation pourrait rester cantonnée à un cercle restreint d’acteurs avertis.

Au-delà des considérations théoriques, des projections concrètes sont avancées. Les encours initiaux du segment ETF pourraient s’établir entre cinq et dix milliards de dirhams, avant d’enregistrer une progression graduelle au fil des années.

À terme, ces instruments pourraient constituer un levier durable d’approfondissement du marché marocain, en renforçant sa liquidité et en améliorant son attractivité auprès des investisseurs internationaux.

L’enjeu dépasse donc la simple introduction d’un nouveau produit financier. Il touche à l’évolution des comportements d’investissement, à la diversification des stratégies d’allocation et à la montée en gamme de l’ensemble de l’écosystème financier national.

Par La Rédaction
Le 25/02/2026 à 21h22