Le Maroc renforce sa souveraineté industrielle dans le textile et le cuir

Lors du lancement d'usine d'Euwen Textiles, filiale du groupe chinois Sunrise, le 24 décembre 2025 à Fès.

Revue de pressePilier de l’emploi et de l’exportation, le secteur textile-cuir marocain se transforme pour allier compétitivité, durabilité et promotion du «Made in Morocco». Entre investissements massifs, transition écologique et diversification des marchés, le Royaume affirme sa position sur la scène internationale et consolide son écosystème industriel. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien L’Économiste.

Le 10/02/2026 à 20h23

Le Maroc poursuit sa stratégie de renforcement de sa souveraineté industrielle dans le secteur du textile et du cuir, un pilier majeur de son tissu économique. Reconnu pour sa capacité à générer de l’emploi et à stimuler le développement industriel, ce secteur a bénéficié ces dernières années d’un ensemble de mesures et d’initiatives intégrées dans les différentes stratégies industrielles menées par le ministère de l’Industrie et du Commerce. «Ces actions ont non seulement consolidé l’attractivité du pays pour les investisseurs, mais elles ont également permis d’améliorer la performance du secteur, maintenant ainsi sa position de premier pourvoyeur d’emplois industriels et sa quatrième place en termes d’exportations industrielles», indique le quotidien L’Économiste dans son édition du mercredi 11 février.

Ryad Mezzour, ministre de l’Industrie et du Commerce, a souligné, lors d’une réponse à une question parlementaire, que le textile-cuir représente un secteur vital à forte valeur stratégique. Avec plus de 2 851 entreprises et plus de 246 000 emplois générés en 2024, le secteur a vu ses exportations dépasser les 46 milliards de dirhams la même année. Le Maroc se positionne ainsi parmi les principaux exportateurs mondiaux, occupant la huitième place pour l’exportation de vêtements vers l’Union européenne, et ce malgré une concurrence intense de pays comme la Turquie, la Chine et le Vietnam.

Pour mener à bien la transformation stratégique du secteur et relever les défis auxquels il est confronté, le ministère a défini trois axes prioritaires. «Le premier vise à accompagner les entreprises dans leur transition vers la décarbonation et la production verte, grâce à des solutions durables mises en œuvre dans le cadre d’une convention de coopération avec la Banque mondiale et l’Association marocaine des industries du textile et de l’habillement (AMITH)», rappelle L’Économiste. Cette démarche stratégique s’inscrit dans un objectif de durabilité environnementale et de réduction de l’empreinte carbone du secteur, complétée par les mesures d’accompagnement de Maroc PME pour les petites et moyennes entreprises.

Le deuxième axe consiste à promouvoir l’attractivité du secteur pour de nouveaux investissements, notamment dans les segments en amont du textile, afin de permettre à l’écosystème marocain d’accéder aux intrants de production et de renforcer sa compétitivité internationale. Le troisième axe repose sur la consolidation de la souveraineté industrielle, en valorisant le «Made in Morocco». Cela passe par la mise à disposition de produits de qualité à des prix compétitifs pour le consommateur local, ainsi que par l’augmentation du taux de substitution des produits importés. Cette dynamique vise également à attirer les commandes des grandes enseignes de distribution, des centrales d’achat et des marchés publics destinés à l’administration marocaine.

«Dans cette perspective, le ministère a multiplié les initiatives pour promouvoir les produits locaux et développer le label Made in Morocco», souligne L’Économiste. Des projets ciblés ont été lancés pour substituer certaines importations, tout en augmentant le volume des commandes nationales dans les secteurs public et privé. Le développement de marques nationales capables de répondre aux attentes des consommateurs marocains constitue également une priorité, visant à renforcer la présence des produits locaux sur le marché. Ces actions s’inscrivent dans le cadre du programme d’assistance technique GTEX Maroc, piloté par le ministère en partenariat avec l’AMITH et le Centre du commerce international de Genève.

La deuxième phase du programme Gtex Menatex, développée en partenariat avec la Suisse, illustre cette dynamique. Trente entreprises du secteur ont été sélectionnées pour identifier leurs besoins spécifiques en matière de durabilité et d’économie circulaire. Des missions de prospection commerciale ont été organisées dans plusieurs pays européens, notamment l’Allemagne, la Suède, le Danemark et l’Italie, afin d’attirer de nouveaux donneurs d’ordre et de diversifier les débouchés à l’exportation. L’ensemble de ces initiatives vise à consolider la chaîne de valeur, diversifier les produits et renforcer la présence marocaine sur les marchés internationaux.

Entre septembre 2024 et septembre 2025, plusieurs avancées majeures ont marqué le secteur. Une convention d’investissement stratégique a été signée avec le groupe chinois Sunrise pour développer une zone industrielle intégrée, représentant un investissement de 2,29 milliards de dirhams et la création de 7 000 emplois directs. Un mémorandum d’entente avec le groupe chinois Luthai Textile Co prévoit la création d’une unité industrielle intégrée verticalement pour la production de fils, de tissus et de vêtements, avec un investissement global de 3,253 milliards de dirhams et 7 827 emplois directs. Par ailleurs, 21 projets d’investissement ont été conclus dans le cadre de la charte de l’investissement, pour un montant total supérieur à 7,335 milliards de dirhams et 21 458 emplois directs. Dix autres conventions ont été signées via l’Agence Maroc PME, mobilisant 49 millions de dirhams pour la création de 941 emplois directs.

Ces initiatives illustrent la volonté du Maroc de consolider son industrie textile et cuir, en alliant durabilité, compétitivité et promotion des produits locaux. Le pays ne se contente plus de jouer un rôle majeur sur le marché européen, il construit un écosystème résilient capable de répondre aux défis environnementaux et économiques du XXIᵉ siècle, tout en affirmant son identité industrielle.

Par La Rédaction
Le 10/02/2026 à 20h23