Le Maroc mise sur le TGV et les RER pour transformer sa mobilité ferroviaire

Le TGV marocain.  

Al Boraq . DR

Revue de presse Dix ans après le lancement d’Al Boraq, première ligne à grande vitesse du continent, le Maroc entame une nouvelle phase de modernisation de son réseau ferroviaire. Les extensions du TGV visent à décongestionner les corridors interurbains saturés, tandis que les projets de RER à Casablanca et à Rabat préfigurent une mobilité urbaine plus fluide et mieux connectée, capable de répondre à l’explosion du trafic et aux défis environnementaux. Cet article est une revue de presse tirée de Finances News.

Le 14/01/2026 à 19h52

Le Maroc entre dans une nouvelle ère de modernisation ferroviaire. Dix ans après l’inauguration d’Al Boraq, première ligne à grande vitesse du continent africain, le pays s’apprête à étendre ce modèle à des corridors stratégiques tout en posant les premières bases d’un réseau express régional (RER) dans ses grandes métropoles. «Cette double dynamique illustre la volonté du Royaume de répondre à la croissance rapide du trafic tout en adaptant ses infrastructures aux besoins urbains et interurbains de demain», indique le magazine Finances News Hebdo.

Le projet d’extension de la ligne Tanger–Kénitra–Casablanca constitue le chantier le plus avancé sur le plan technique. L’ambition est de relier Casablanca à Marrakech à grande vitesse, en réorganisant un corridor déjà saturé par la demande du réseau conventionnel. À moyen terme, cette ligne pourrait se prolonger vers Agadir, offrant une continuité entre le nord et le sud du pays. Le financement repose sur un montage hybride mêlant budget public, emprunts internationaux et partenariats avec des institutions de développement, reflétant la complexité et l’ampleur du projet.

Les études d’ingénierie sont particulièrement exigeantes, confrontées à la topographie variée et aux contraintes environnementales. L’objectif n’est pas seulement de gagner en vitesse commerciale, mais aussi d’assurer la fiabilité et la capacité du réseau à absorber une demande croissante, notamment sur l’axe Casablanca–Marrakech, déjà l’un des plus fréquentés.

Le réseau classique montre ses limites sur plusieurs segments, confronté à l’augmentation constante du trafic voyageurs, à la pression du fret et à la densification urbaine autour de Casablanca, Rabat et Kénitra. «L’extension de la grande vitesse apparaît donc comme une réponse efficace pour augmenter la capacité sans multiplier les voies sur des corridors saturés, tout en mobilisant fortement le secteur national du BTP pour les ouvrages d’art, les tunnels et les plateformes ferroviaires complexes», souligne Finances News.

Parallèlement, le développement des RER transforme la mobilité urbaine dans les grandes métropoles. Casablanca et le corridor Rabat–Salé–Mohammédia sont les deux zones où ces projets avancent le plus rapidement. L’approche dépasse la simple modernisation des voies. Elle comprend la réorganisation complète des gares, la création de pôles d’échanges multimodaux et l’intégration coordonnée avec les tramways, les bus à haut niveau de service et les mobilités douces. L’objectif est de proposer une alternative fiable aux déplacements routiers, capable de transporter massivement les voyageurs aux heures de pointe tout en limitant la congestion et la pollution.

Sur le plan technique, la priorité porte sur l’amélioration des infrastructures existantes, le doublement de sections critiques, l’électrification complémentaire et la modernisation des systèmes de signalisation. «La compatibilité avec les standards européens de gestion du trafic (ERTMS) est un enjeu majeur, garantissant à la fois la sécurité et la fluidité. La planification des RER implique des arbitrages importants, car elle doit conjuguer performance, continuité de service et maîtrise des coûts», souligne Finances News.

Les investissements engagés pour les lignes à grande vitesse et les RER se chiffrent en dizaines de milliards de dirhams. Les financements sont conçus de manière hybride, combinant ressources publiques, soutien d’institutions multilatérales, instruments verts pour les projets liés à la transition énergétique et contributions territoriales. La mise en œuvre se fera par phases afin d’assurer la continuité des chantiers et d’éviter les interruptions qui pénalisent fortement le secteur ferroviaire.

L’extension du TGV et le déploiement des RER ne sont pas de simples projets d’infrastructure. Ils représentent une transformation profonde du réseau ferroviaire marocain, renforçant l’intégration économique du pays et rapprochant les grands pôles productifs et touristiques. Les RER, en particulier, préfigurent une mobilité urbaine plus rationnelle et mieux interconnectée, capable de répondre aux défis de congestion et de qualité de service dans les métropoles en forte croissance. Les chantiers à venir mobiliseront l’ingénierie, la logistique, le BTP et la technologie, mais leur impact sur la mobilité quotidienne et sur l’attractivité des villes devrait être déterminant, inaugurant une nouvelle ère pour le transport ferroviaire au Maroc.

Par La Rédaction
Le 14/01/2026 à 19h52